traitement tertiaire de l'effluent, aux seules fins de réduction de-la
teneur en suspensoîdes amenés dans le lac.
2.3.
Effet propre du stockage sur la qualité de l'eau
L'expérience montre que le rejet en lac d'effluents non traités aboutit
rapidement à une détérioration de la qualité des eaux du lac, même s'il
bénéficie d’une forte alimentation naturelle (lacs d’Annecy et du
Bourget, par exemple). S'il s’agit d'un lac artificiel à très faible
alimentation naturelle, le traitement usuel (primaire et secondaire) des
effluents entrants n'est pas suffisant, à cause de l'impossibilité où
se trouvent de tels lacs de digérer et de minéraliser les apports en
matière organique. Cette impossibilité tient à deux causes :
■ l'apparition rapide d'un déficit en oxygène (l'eau d'un lac se réarère
moins vite que celle d'une rivière), qui se traduit par la formation
en dessous de quinze à vingt mètres de profondeur, d'une région désoxygénée, siège de fermentations anaérobies ;
~ la présence dans les eaux usées entrantes de substances qui favorisent les proliférations planctoniques (phosphates et dans une moindre
mesure nitrates).
□ans les régions à saisons tranchées, s'y ajoute le risque de forte augmentation des matières organiques liée à la prolifération d'une espèce
végétale donnée, qui vient à mourrir massivement lors d'un changement
de saison.
2.4.
Nature du post-traitement tertiaire avant envoi en lac
De ce qui précède, il est clair qu'un post-traitement tertiaire des effluents est chaque fois nécessaire avant leur envoi en lac artificiel.
La nature de ce post-traitement dépend évidemment de la qualité intrinsèque de l'effluent urbain. Mais il devra être le plus souvent très
complet, et comporter, outre une filtration (voir paragraphe 6.2.1),
l'élimination du phosphore et de l'azote ammoniacal (à cause des risques
d'eutrophisation). Si le lac doit être utilisé à la pêche ou à la baignade, une désinfection est nécessaire, qu’on aura intérêt à rendre plus
efficace au moyen d'une seconde filtration ou éventuellement d un trai
tement au charbon actif pour limiter la teneur de l'effluent en matières
organiques.
Tel qu'on vient de le décrire, on pourrait penser que le post-traitement
des effluents destinés à alimenter un lac ne puisse être réalisé qu en
station (déphosphatation à la chaux, stripping à l’ammoniac, par exemple). Même si c’est souvent le cas, on ne peut pas exclure que le site
et la géologie du lac s’accommodent de la mise en place en amont dun
traitement tertiaire naturel (lagunage, bassins d’infiltration) qui élimine tout ou partie des composés indésirables.
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