L'examen de la distribution géographique de la R.I.E.U.U. dans le monde
permet de distinguer deux grands types de sites :
- les sites en zones arides où l’eau est très rare : ce sont les cas
rencontrés dans le sud-ouest et le centre-ouest des U.S.A., en Arabie
Saoudite, en Inde et au Mexique ;
- les sites fortement urbanisés et industrialisés : ce sont les cas rencontrés dans le nord-est des U.S.A., au Japon, en Grande-Bretagne, en
U.R.S.S. (Moscou), en France (Caen). La très forte demande en eau oblige à utiliser toutes les ressources et coexiste avec d'importantes
quantités d'eaux usées disponibles.
La liste des cas de R.I.E.U.U. pour refroidissement que nous avons relevée dans la bibliographie est donnée en Annexe 1. Nous examinerons cidessous quelques cas représentatifs :
5.2.
La centrale thermique de Croydon, Grande-Bretagne
(cf. Humphris, Water Research, 1977, pages 217-223)
Depuis 1950, le condenseur de la centrale thermique de Croydon, dans la
banlieue sud de Londres (quatre turbines de 52,5 MW) est refroidi par
des eaux usées urbaines épurées. Le circuit de refroidissement, de type
semi-fermé, comporte six tours de capacité maximum 11 000 m3/h chacune,
pour un abaissement de température de 6,4°C. Après une période de mise
au point qui a duré une dizaine d’années, le traitement tertiaire de
l’effluent a été réduit à une simple filtration.
En effet, des phénomènes d'oxydation biologique, qui se produisent dans
le circuit, maintiennent naturellement le pH à une valeur égale ou légèrement inférieure à 7, valeur à laquelle la précipitation n'a pas lieu.
La formation d'un film organique sur les parois du condenseur nécessite
un nettoyage périodique par simple assèchement.
5.3.
L'acierie d'Appleby-Frodingham, Grande-Bretagne
(cf. Eden, Bailey, Jones, in Shuval, 1977, pages 404-407)
L'approvisionnement en eau de l'acierie (située près de Scunthorpe, dans
le nord-est de l'Angleterre) provient de quatre origines : de l'eau de
rivière pour 31 %, de l’eau de forage pour 25 %, de l’eau provenant du
drainage du terrain pour 28 % et des eaux usées urbaines épurées pour
16 %. La consommation moyenne en effluent urbain est de 5 800 m /j.
Celui-ci est stocké dans un bassin peu profond de 10 500 m3, soit une
capacité de rétention d'environ deux jours. L’eau de rivière a des caractéristiques meilleures que celles de l’effluent urbain, mais beaucoup
plus variables. De plus, le point de prélèvement est plus éloigné. Les
eaux de ces deux provenances sont distribuées par le même réseaux, alors
que les eaux de forage ont un réseau distinct.
L’effluent urbain sert
du haut fourneau (sans
à plusieurs usages : notamment le lavage des gaz
traitement) et le refroidissement des fours à
a la chaux) en circuit semi-fermé. Il subit égacoke (après traitement - ----- ------------- -
lement une chloration-choc à 10 mg/1 pendant quatre-vingt-dix minutes
toutes les douze heures pour éviter les développements biologiques. La
concentration élevée en solides dissous augmente le coût de 1 utilisa
tion de l'effluent d’une part à cause du traitement nécessaire, d’autre
part à cause de la perte de chaleur due à l'importance des purges.
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