Problèmes liés au sol
4.1.
A Werribee Farm (Melbourne), les sols sont des limons argileux
rouge-brun, légèrement acides et peu profonds, recouvrant une couche
épaisse d'argile ; ils sont labourés mécaniquement à 60 cm, et bien nivelés pour assurer une distribution régulière de l’effluent.
A Ada, le sol est une argile lourde, qui assure une circulation lente
de l'eau, et qui de ce fait joue un rôle favorable dans le fonctionnement du ruissellement contrôlé.
D'une manière générale, on s'accorde à penser que les sols à faible perméabilité et à coefficients de rétention élevés (argiles, limons argileux) garantissent la meilleure efficacité au ruissellement contrôlé.
□n ne recherche en aucune manière que les eaux s’infiltrent en profondeur au cours du traitement, et de ce fait le ruissellement contrôlé
trouve ses terrains de choix là où l'infiltration-percolation se révèle
impossible et l’irrigation et l'épandage difficilement praticables.
Aussi, cette technique est-elle une des plus sûres relativement à la
protection des aquifères contre les pollutions par l’eau usée.
La contrepartie de l'utilisation de sols de mauvaise qualité est la nécessité d'une pente convenable pour mouvoir l’eau en surface sans stagnation et sans érosion de terrain, et à une vitesse assurant un temps
de rétention suffisant pour l’épuration. Les meilleurs résultats expérimentaux sont obtenus avec des pentes de 2 à B % sur des surfaces de sol
très planes. Au-delà de 6 %, des difficultés se manifestent en liaison
avec les risques d’érosion, et avec la fauche. A Ada, les parcelles
d'expérimentation ont été aplanies à des pentes variant de 2 à 4 %.
5.
Risques sanitaires
5.1.
Eau épurée
Tous les utilisateurs et expérimentateurs s'accordent à reconnaître l'efficacité du ruissellement contrôlé, en tant que traitement secondaire
vis-à-vis de la DBO5 et de l'azote (encore que ce problème soit mal résolu en période hivernale d'arrêt de la végétation).
La longue expérience de Melbourne montre que le facteur d'élimination
des conformes est de 200. Quant aux métaux, le pourcentage d'élimination varie de 40 % pour le fer et de 60 % pour le nickel à 85-95 % pour
le chrome, le cuivre, le zinc, le cadmium, le mercure et le plomb.
Le facteur de réduction des coliformes ne permet pas de garantir l'absence totale de danger dans la réutilisation des eaux épurées, notamment
en irrigation. De ce point de vue, les eaux issues du ruissellement contrôlé doivent être chlorées selon leur usage futur, de la même façon que
cela se pratique pour la réutilisation d'eau épurée issue d'un traitement
secondaire classique.
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