3.2.
Conditions d'efficacité du traitement
3.2.
î.
A Melbourne, la Ferme de Werribee qui traite les eaux usées de
la ville existe depuis 1897 ; le débit traité est passé progressivement
de 50 000 m3/j à l’origine jusqu'à plus de 500 000 m3/j en moyenne aujourd’hui. Le système initial d'irrigation de pâturages a suffi jusqu’en
1930 ; mais la croissance des débits à épurer a conduit à mettre en service le ruissellement contrôlé (et le lagunage), sans que les responsables aient beaucoup le temps de rechercher en détail comment le procédé
pouvait être amélioré.
3.2.2.
Le choix de la graminée de couverture influence la qualité du
traitement, dans la mesure où ses racines préviennent l'érosion du sol,
éliminent vers les parties vertes l’azote et le phosphore, et servent
de support à la population microbienne du sol (efficace notamment en
hiver, lorsque la croissance de l'herbe est réduite). Le "reed-canary
grass” s'est révélé comme la meilleure : très bonne capacité à exporter
les éléments nutritifs, bon rendement en fourrage, développement des racines important, long cycle végétatif et résistance élevée à l'humidité,
adaptation à des climats divers. Son seul inconvénient est son démarrage
lent. Mais il est possible de l'associer avec une autre graminée à démarrage plus rapide, tel que grande fétuque ou ray-grass. Bien entendu,
le choix de la fréquence des coupes est important dans l'obtention du
meilleur rendement d’épuration, qui coïncide avec la meilleure valorisation du fourrage récolté ; néanmoins, il faut éviter que l'herbe ne
pousse trop haut, car cela peut nuire à la bonne distribution de l'effluent sur la parcelle.
3.2.3.
La submersion permanente d'une prairie n'est pas possible : des
périodes de repos sont nécessaires pour permettre au sol de se réaérer.
D’autre part, un arrêt de submersion est nécessaire avant chaque coupe,
pour que les faucheuses puissent se mouvoir sur un sol de consistance
suffisante. Ces sujétions imposent une distribution alternée de l’effluent à épurer sur les diverses parcelles de la prairie. L’expérience
des systèmes actuels montre que l'optimum est de six à huit heures d’arrosage suivies de six à dix-huit heures de repos, selon la saison. On
peut augmenter la durée d’arrosage en été, pour que certaines parcelles
puissent être mises hors service suffisamment longtemps avant la fauche.
3.2.4.
Les deux derniers éléments qui interviennent dans le rendement
d’épuration sont la longueur et la durée du trajet de l’eau entre sa
distribution en tête de parcelle et son recueil au pied. Ces deux éléments sont liés par la pente du terrain (voir paragraphe 4.2) sur laquelle il est impossible de jouer. Il est intuitif que plus la longueur
et la durée du trajet de l’eau augmentent, meilleur est le rendement
d’épuration ; mais il y a évidemment un équilibre économique à trouver
avec la superficie totale disponible.
A Melbourne, la longueur de parcours est de 350 m. A Ada, station expérimentale, la longueur est dix fois moindre (36 m), mais on a vu que la
charge polluante entrante est nettement plus faible. Les études et les
expérimentations manquent encore pour que soient déterminées, pour chaque type de climat, la longueur et la durée optimales de trajet en fonction de la charge entrante à épurer.
9
Précédent

- 106/221

Suivant