704
Toxicologie nucléaire environnementale et humaine
daire des SL-100 pm permet de réduire significativement la rétention du plutonium dans le foie des rats à moins de 2 % de l’activité injectée et celle dans le
squelette à moins de 0,2 % et ce, un mois après contamination. Contrairement au
DTPA administré sous forme libre, les SL-100 qm seraient capables d’interagir à
la fois avec les macrophages et les hépatocytes au niveau du foie, d’intercepter le
plutonium et de prévenir son dépôt au niveau du squelette.
Le DTPA a aussi été formulé par atomisation-séchage de manière à obtenir
des particules poreuses présentant des propriétés aérodynamiques optimales pour
l’administration et le dépôt pulmonaire, avec en particulier une proportion non
négligeable dans la région alvéolaire (Gervelas et al., 2007). L’administration
intratrachéale de poudre sèche de DTPA à des rats 2 h après inhalation de particules d’oxyde de Pu (PuO2) peu soluble, limite à 95 % son dépôt dans le foie et le
squelette après 2 semaines (figure 5A). La rétention pulmonaire n’est pas significativement différente entre les animaux traités et non traités lorsque l’on regarde
au niveau de l’organe. Toutefois, une analyse plus fine indique que près de 90 %
de l’activité de la fraction acellulaire des lavages broncho-alvéolaires (surfactant
et protéines associées) a été décorporée, ce qui correspond à tout ou partie de l’activité solubilisée localement.
Après contamination pulmonaire par le nitrate de Pu modérément soluble,
le traitement par le DTPA 2 h après la contamination, entraîne une diminution
d’un facteur 2 et 3 des dépôts squelettiques et hépatiques respectivement et d’un
facteur 8 de la rétention pulmonaire 14 jours après traitement (figure 5B). La fraction acellulaire des lavages broncho-alvéolaires des animaux traités au DTPA ne
représente que moins de 5 % de ceux des animaux non traités, et la fraction cellulaire (macrophages) moins de 10 %.
poumons fluides LBA squelette
foie
Figure 5 ■ Activité retrouvée après 14 jours dans les tissus et compartiments biologiques
chez des tats traités par la poudre sèche de DTPA 2 h après contamination pulmonaire
Pfr.^u
(A) ou du nitrate de Pu (B), exprimé en % par rapport aux rats non traités.
Fluides LBA . traction acellulaire des lavages broncho-alvéolaires.
L ensemble des résultats souligne l’intérêt d’agir localement au niveau des
poumons pour limiter le transfert systémique de la fraction soluble d’actinides et
limiter ainsi les dépôts dans les organes de rétention extrapulmonaires ou dans
© L a v o is ie r
- L a p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e
e s t u n
d é lit
Précédent

- 766/813

Suivant