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Toxicologie nucléaire environnementale et humaine
2.
Biomarqueurs d’atteinte tissulaire
2.1. Biomarqueurs biochimiques
La médecine moderne, afin de diagnostiquer des dysfonctionnements physiologiques ou des maladies, fait de plus en plus appel à l’analyse de paramètres
biologiques du malade. Ces paramètres constituent des indicateurs de l’état du
patient et sont appelés marqueurs biologiques ou biomarqueurs. La biochimie
clinique connaît depuis des années un développement considérable et c’est ainsi
que son utilisation sort du cadre de l’homme malade pour s’intéresser à des études
de l’impact des contaminations environnementales sur l’homme. Ainsi, lors d’une
contamination interne par des radionucléides, on doit pouvoir dans un minimum
de temps diagnostiquer les dommages subis par la personne contaminée afin de
mettre en œuvre une thérapeutique adaptée, en utilisant différents biomarqueurs.
Parmi ceux-ci figurent les biomarqueurs classiques, utilisés en clinique humaine,
mais aussi de nouveaux marqueurs comme les oxystérols (hydroxy-cholestérol)
et le Flt3 ligand (Jms-like tyrosine kinase 3 ligand) qui peuvent renseigner sur
la gravité des conséquences physiologiques de la contamination. En permettant
d’orienter le choix thérapeutique, ils deviennent alors également des biomarqueurs
de pronostic, éléments d’information important pour le médecin en charge du traitement de la victime contaminée.
2.1.1. Biomarqueurs d’utilisation courante
La biologie de diagnostic est de réalisation rapide aujourd’hui. Elle est disponible dans tous les laboratoires et ne pose pas de problème pour les bilans de
santé les plus fréquents : gaz du sang, ionogramme sanguin et urinaire, glycémie,
calcémie, créatininémie, enzymes hépatiques, numération, plaquettes, formule
sanguine, hémostase. Ainsi, certaines études expérimentales ont utilisé ces
biomarqueurs classiques pour estimer les effets toxiques induits suite à des contaminations internes par des radionucléides. À titre d’exemple, des études montrent
une élévation des taux plasmatiques des transaminases ALAT (alanine amino
transférase) et ASAT (aspartate amino transférase) traduisant un dysfonctionnement hépatique après injection sous-cutanée d’uranium chez le rat (Domingo et
al., 1987; Gueguen et al., 2006). Des anomalies fonctionnelles au niveau hépatiques telles que la diminution des triglycérides sont également décrites (Gueguen
et al., 2006). D’autres études ont rapporté qu’une exposition aiguë à l’uranium se
caractérise par des anomalies fonctionnelles telles que la polyurie, l’enzymurie,
la protéinurie et l’élévation sanguine de la créatinine et de l’urée (Domingo et
al., 1987; Diamond et al., 1989), ces anomalies étant associées entre autres, à une
atteinte grave de la fonction et de l’intégrité des reins. Ainsi, il est envisageable
d utiliser des analyses biologiques classiques pour diagnostiquer une contamination interne par des radionucléides mais des études sont encore à mener. L’utilisation de marqueurs originaux pour ce diagnostic est développée dans le paragraphe
suivant.
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