Conséquences sanitaires chez l’homme - Synthèse des études épidémiologiques
397
du risque (Talbott et al., 2000). Les études sur les essais nucléaires dans les îles
Marshall ont mis en évidence un excès de cancer de la thyroïde en relation avec
la dose reçue (Takahashi et al., 2003), mais la part de l’iode 131 dans les radioisotopes émis était faible. Concernant les essais nucléaires du Kazakhstan, un
excès de cancers solides a été observé, mais le cancer de la thyroïde n’a pas été
étudié de façon séparée (Bauer et al., 2005). Une étude cas-témoins française sur
le cancer de la thyroïde est en cours dans le Pacifique où ont été réalisés les essais
nucléaires français. La reconstitution dosimétrique des expositions radiologiques
a été récemment publiée (Drozdovitch et al., 2008).
2.3.3.2. Pathologies non cancéreuses
Un lien entre l’exposition aux isotopes radioactifs de l’iode et le risque de
pathologie auto-immune a été évoqué (Eheman et al., 2003). Les études récentes
qui ont étudié la survenue de pathologies auto-immunes après l’accident de Tchernobyl n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque de pathologie auto-immune thyroïdienne après exposition dans l’enfance (Agate et al., 2008; Pacini et
al-, 1998; Tronko et al., 2006b), et ce malgré la mise en évidence d’une augmentation de la prévalence des auto-anticorps thyroïdiens. Il est difficile de conclure
que cette augmentation des auto-anticorps constitue un phénomène pathologique
compte tenu d’une prévalence mal connue, mais non nulle d’auto-anticorps dans
la population générale. Aucune relation n’a été mise en évidence entre les retombées atmosphériques d’iode 131 du site nucléaire d’Hanford aux États-Unis et la
survenue de pathologies thyroïdiennes non cancéreuses (Davis et al., 2004).
2.3.3.3. Conclusion
Les études épidémiologiques ont montré clairement une association entre 1 exposition à l’iode radioactif et le risque de cancer de la thyroïde, après exposition
dans l’enfance. Le risque de cancer après exposition à 1 âge adulte n est pas clairement établi. La relation entre pathologie thyroïdienne non cancéreuse et exposition à l’iode radioactif reste non démontrée à ce jour.
2.4. Épidémiologie du tritium
Ü
3
’ 2.4.1. Population exposée et conditions d'exposition
?
Même si l’ensemble de la population est exposée au tritium, du fait de son extsj tence à l’état naturel dans l’environnement, seule une traction de cette population
? Peut réellement être considérée comme exposée :
-des travailleurs des installations du cycle nucléaire ainsi que, à un degre
moindre, les travailleurs des usines de fabrication de molécules marquees
utilisées en recherche, en médecine ou dans 1 industiie,
~ les populations vivant autour de sites nucléaires rejetant du tritium.
397
du risque (Talbott et al., 2000). Les études sur les essais nucléaires dans les îles
Marshall ont mis en évidence un excès de cancer de la thyroïde en relation avec
la dose reçue (Takahashi et al., 2003), mais la part de l’iode 131 dans les radioisotopes émis était faible. Concernant les essais nucléaires du Kazakhstan, un
excès de cancers solides a été observé, mais le cancer de la thyroïde n’a pas été
étudié de façon séparée (Bauer et al., 2005). Une étude cas-témoins française sur
le cancer de la thyroïde est en cours dans le Pacifique où ont été réalisés les essais
nucléaires français. La reconstitution dosimétrique des expositions radiologiques
a été récemment publiée (Drozdovitch et al., 2008).
2.3.3.2. Pathologies non cancéreuses
Un lien entre l’exposition aux isotopes radioactifs de l’iode et le risque de
pathologie auto-immune a été évoqué (Eheman et al., 2003). Les études récentes
qui ont étudié la survenue de pathologies auto-immunes après l’accident de Tchernobyl n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque de pathologie auto-immune thyroïdienne après exposition dans l’enfance (Agate et al., 2008; Pacini et
al-, 1998; Tronko et al., 2006b), et ce malgré la mise en évidence d’une augmentation de la prévalence des auto-anticorps thyroïdiens. Il est difficile de conclure
que cette augmentation des auto-anticorps constitue un phénomène pathologique
compte tenu d’une prévalence mal connue, mais non nulle d’auto-anticorps dans
la population générale. Aucune relation n’a été mise en évidence entre les retombées atmosphériques d’iode 131 du site nucléaire d’Hanford aux États-Unis et la
survenue de pathologies thyroïdiennes non cancéreuses (Davis et al., 2004).
2.3.3.3. Conclusion
Les études épidémiologiques ont montré clairement une association entre 1 exposition à l’iode radioactif et le risque de cancer de la thyroïde, après exposition
dans l’enfance. Le risque de cancer après exposition à 1 âge adulte n est pas clairement établi. La relation entre pathologie thyroïdienne non cancéreuse et exposition à l’iode radioactif reste non démontrée à ce jour.
2.4. Épidémiologie du tritium
Ü
3
’ 2.4.1. Population exposée et conditions d'exposition
?
Même si l’ensemble de la population est exposée au tritium, du fait de son extsj tence à l’état naturel dans l’environnement, seule une traction de cette population
? Peut réellement être considérée comme exposée :
-des travailleurs des installations du cycle nucléaire ainsi que, à un degre
moindre, les travailleurs des usines de fabrication de molécules marquees
utilisées en recherche, en médecine ou dans 1 industiie,
~ les populations vivant autour de sites nucléaires rejetant du tritium.
