Conséquences écologiques
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lations d’invertébrés benthiques (Chironomus riparius) exposées à de l’uranium
(Adam et al., 2008). La toxicité de l’uranium sur cet organisme a déjà été révélée
(Dias et al., 2008), mais c’est la première fois qu’en comparant les différences
phénotypiques (survie, croissance, reproduction...) de populations ayant la même
origine, mais soumises pendant huit générations à différentes concentrations en
uranium, qu’une adaptation génétique a pu être démontrée. Pour chaque condition, et à chaque génération, la mesure des traits d’histoire de vie a permis de
caractériser des phénotypes moyens et leur valeur adaptative. Suite à la comparaison de ces phénotypes moyens, le résultat le plus remarquable est la mise en
évidence d’une adaptation des populations. En effet, une sélection des individus
ayant la meilleure valeur adaptative s’est produite au cours des huit générations.
Les individus qui ont été sélectionnés sont ceux qui ont présenté une croissance
rapide (i.e. un temps de développement court et une grande taille), ainsi qu’une
fécondité et un succès reproducteur élevés (Adam et al., 2008).
L’ensemble de ces résultats démontre qu’au bout de huit générations, dans
ces conditions expérimentales de laboratoire, les populations de chironome ont
été capables de s’adapter à l’uranium à des concentrations sublétales, à travers
la sélection des individus présentant la meilleure valeur adaptative. Néanmoins,
d’autres résultats tendent à révéler que si ces populations se sont adaptées à 1 uranium, le coût engendré par cette acquisition de tolérance les rend plus vulnérables
à un nouvel environnement (Dias, corn. pers.). En effet, les populations exposées à
l’uranium, puis placées dans un environnement non contaminé, avaient une valeur
adaptative inférieure aux populations témoins (retard de développement, baisse de
fécondité). Ce dernier résultat est d’une grande importance, car il signifie que si
des changements environnementaux se produisent rapidement et fréquemment,
alors les « populations spécialisées » à un environnement pourraient tendre à
disparaître (Bell et Collins, 2008).
Par ailleurs, si ces expériences en laboratoire ont mis en évidence une adaptation, la transposition à des populations naturelles soumises à la sélection naturelle
ne peut se faire sans précaution, du fait de l’aspect multifactoriel et fluctuant de
la sélection naturelle (modifications spatiotemporelles de 1 environnement, conditions limitantes), de l’importance des paramètres génétiques et démographiques
de la population étudiée, et de son interaction avec les populations voisines (flux
| de gène, etc.) (Groenendijk, 2002 ; Bell et Collins, 2008).
~
Ces résultats confirment cependant la nécessité de tenir compte des effets
? à long terme des radionucléides, pour prendre notamment en considéiation la
§ réponse évolutive des populations dans une démarche dévaluation des risques
” écologiques.
O
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|
Enfin, quelques chercheurs se sont intéressés aux effets sur les,populations et
| la diversité des micromammifères (aucune étude scientifique ne s est focalisée à
à ce jour sur les grands mammifères). Près du réacteur accidenté de Tchernobyl, au
f cours de l’automne qui a suivi l’accident, le nombre des micromammifères a décru
I d’un facteur de 2 à 10 (Taskaev et Testov, 1999). Cependant, le printemps suivant
I 0>. en 1987), la taille des populations augmente de nouveau, certainement en
•aison de l’arrivée d’individus migrants provenant des zones les moins contaminées.
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