Effets sur le système immunitaire
345
ans après l’accident. Ceci est dû en particulier à la multitude de causes possibles
(irradiation externe, contamination interne, contexte de multipollution), et à la
difficulté à établir le niveau de contamination des personnes étudiées.
4.
Conséquences sur les populations : morbidité,
mortalité, dynamique des populations
Le système immunitaire est responsable de la protection de l’organisme visà-vis des agents infectieux; il joue donc un rôle critique dans le maintien de
l’homéostasie et de la survie. Chez un organisme sain, tous les composants du
système immunitaire sont généralement suffisants pour combattre les bactéries,
virus et parasites. Cependant, un affaiblissement de ce système de défense peut
conduire à l’augmentation de la sensibilité à certains agents, l’augmentation de la
sévérité de la maladie, et par conséquent à diminuer la survie. Cet affaiblissement
est un des effets les plus dangereux (et souvent létaux) des toxiques chimiques.
Chez les vertébrés, les premières données disponibles laissent entrevoir des
conséquences néfastes pour les individus exposés quelles que soient les espèces
considérées (Wong et al., 1992). Ainsi, des conséquences au niveau de la population ont été observées chez des mammifères sauvages et un lien a été démontré
entre système immunitaire, contaminants environnementaux et mortalité à grande
échelle chez les mammifères marins (Keller et al., 1999). L’épidémie virale qui a
décimé plus des deux tiers des phoques de la mer du Nord à la fin des années
1980 a été déclenchée par un affaiblissement de leurs défenses immunitaires,
notamment une diminution des lymphocytes T et des cellules NK qui s explique
du fait du fort degré de pollution chimique des eaux marines de cette légion pai
des polychlorobiphényles (Van Loveren et al., 2000). Chez les poissons, les effets
immunosuppresseurs liés aux radiations augmentent la sensibilité aux maladies
(Zeeman et Brindley, 1981). Chez les invertébrés, les exemples de cette relation
entre polluants et sensibilité aux maladies sont beaucoup plus rares. Cependant,
des études de terrain rapportent que l’altération des paramètres hémocytaires
chez des bivalves marins exposés à des contaminants environnementaux peut
être associée à l’augmentation de la sensibilité aux maladies. Par exemple, il a
s été démontré en laboratoire qu’une exposition de l’huître creuse aux pesticides
? diminue sa réponse immunitaire à une infection bactérienne et induit une moi ta
S üté plus forte que chez des animaux non exposés (Gagnaire et Gay, 2007).
1
H est cependant difficile de connaître les éventuelles conséquences physio» Pathologiques de l’exposition aux radionucléides chez les invertébrés et chez
? les vertébrés. Par exemple, concernant les fonctions immunitaires intestinales
| après ingestion, la capacité fonctionnelle du GALT en réponse à des antigènes
| alimentaires ou à des pathogènes n’a jamais été étudiée. Au niveau pulmonaire,
’ les conséquences de l’inhalation de particules radioactives sur le développement
s de l’hypersensibilité et l’augmentation des infections pulmonaires restent a dcter| miner.
(D
©
345
ans après l’accident. Ceci est dû en particulier à la multitude de causes possibles
(irradiation externe, contamination interne, contexte de multipollution), et à la
difficulté à établir le niveau de contamination des personnes étudiées.
4.
Conséquences sur les populations : morbidité,
mortalité, dynamique des populations
Le système immunitaire est responsable de la protection de l’organisme visà-vis des agents infectieux; il joue donc un rôle critique dans le maintien de
l’homéostasie et de la survie. Chez un organisme sain, tous les composants du
système immunitaire sont généralement suffisants pour combattre les bactéries,
virus et parasites. Cependant, un affaiblissement de ce système de défense peut
conduire à l’augmentation de la sensibilité à certains agents, l’augmentation de la
sévérité de la maladie, et par conséquent à diminuer la survie. Cet affaiblissement
est un des effets les plus dangereux (et souvent létaux) des toxiques chimiques.
Chez les vertébrés, les premières données disponibles laissent entrevoir des
conséquences néfastes pour les individus exposés quelles que soient les espèces
considérées (Wong et al., 1992). Ainsi, des conséquences au niveau de la population ont été observées chez des mammifères sauvages et un lien a été démontré
entre système immunitaire, contaminants environnementaux et mortalité à grande
échelle chez les mammifères marins (Keller et al., 1999). L’épidémie virale qui a
décimé plus des deux tiers des phoques de la mer du Nord à la fin des années
1980 a été déclenchée par un affaiblissement de leurs défenses immunitaires,
notamment une diminution des lymphocytes T et des cellules NK qui s explique
du fait du fort degré de pollution chimique des eaux marines de cette légion pai
des polychlorobiphényles (Van Loveren et al., 2000). Chez les poissons, les effets
immunosuppresseurs liés aux radiations augmentent la sensibilité aux maladies
(Zeeman et Brindley, 1981). Chez les invertébrés, les exemples de cette relation
entre polluants et sensibilité aux maladies sont beaucoup plus rares. Cependant,
des études de terrain rapportent que l’altération des paramètres hémocytaires
chez des bivalves marins exposés à des contaminants environnementaux peut
être associée à l’augmentation de la sensibilité aux maladies. Par exemple, il a
s été démontré en laboratoire qu’une exposition de l’huître creuse aux pesticides
? diminue sa réponse immunitaire à une infection bactérienne et induit une moi ta
S üté plus forte que chez des animaux non exposés (Gagnaire et Gay, 2007).
1
H est cependant difficile de connaître les éventuelles conséquences physio» Pathologiques de l’exposition aux radionucléides chez les invertébrés et chez
? les vertébrés. Par exemple, concernant les fonctions immunitaires intestinales
| après ingestion, la capacité fonctionnelle du GALT en réponse à des antigènes
| alimentaires ou à des pathogènes n’a jamais été étudiée. Au niveau pulmonaire,
’ les conséquences de l’inhalation de particules radioactives sur le développement
s de l’hypersensibilité et l’augmentation des infections pulmonaires restent a dcter| miner.
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