Effets sur le métabolisme
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La diversité des atteintes toxiques, revue très récemment dans Amiard et
Amiard-Triquet (2008), inclut chez Daphnia magna exposée au cadmium une
inhibition de l’ingestion de la nourriture et une réduction de l’assimilation du
carbone organique (Bailleul et al., 2005). Elle conduit donc à une réduction de
l’acquisition d’énergie qui diminue d’autant le scope for growth des organismes.
L’uranium appauvri présente chez D. magna une signature toxique proche de celle
du cadmium, en induisant notamment une inhibition de l’ingestion dès sept jours
d’exposition à la concentration de 25 pg-L-1 (Zeman et al., 2008). L’exposition au
sélénium ne montre pas d’effet sur l’ingestion d’aliments de la daphnie jusqu’à
la concentration de 500 pg-L-1 (Zeman, 2008). De plus, l’acquisition d’énergie
pourrait diminuer suite à une réduction de l’efficacité avec laquelle la nourriture
présente dans le tube digestif est digérée et assimilée. Une telle réduction est
fortement suggérée aussi bien avec l’uranium appauvri (à 75 pg-L-1, en sus de
l’effet sur l’ingestion) qu’avec le sélénium (à 375 pg‘L-1) par les dommages histologiques observés à l’issue des expositions au niveau de l’épithélium intestinal et
des diverticules gastriques, sièges de la sécrétion du suc digestif (Zeman, 2008).
D’autre part, les taux métaboliques des individus affectent directement leur
consommation d’oxygène. L’effet de la toxicité sur les dépenses énergétiques peut
donc être mesuré au travers de la respiration. La mesure intègre le coût métabolique
de processus variés, plus ou moins fortement affectés, dans une réponse globale
à l’échelle de l’organisme. Une revue des effets des métaux stables sur le métabolisme respiratoire des organismes aquatiques a été récemment réalisée dans Amiard
et Amiard-Triquet (2008). Concernant les radionucléides, l’uranium appauvri
(dès 25 pg-L-1), le sélénium (110 pg-L-1) et l’américium 241 (à 0,3 mGyh-1 après
plusieurs semaines d’exposition) ont causé une augmentation significative des taux
respiratoires de la daphnie (Zeman et al., 2008 ; Zeman, 2008 ; Alonzo et al., 2008).
Celle-ci a été imputée à une chimiotoxicité dans le cas de l’U et du Se, et à la radiotoxicité des radiations alpha internes dans le cas de l’Am 241.
2*3. Altérations indirectes du budget énergétique
Très intuitivement, on comprend que l’assimilation et la respiration augmentent avec la taille des organismes. Les concepts fondamentaux de la physiologie
indiquent qu’il en va de même de tous les taux métaboliques. Il sut lit donc que la
cioissance des organismes exposés soit inhibée par le stress toxique pour,que la
valeur du scope for growth et de tous les termes du budget énergétique (I acquisition de l’énergie et son allocation à la survie, la croissance et la reproduction)
s’en trouvent affectés (Kooijman, 2001). Dans l’analyse du coût énergétique
lnduit par la présence des polluants, les biais liés à la taille plus petite des individus exposés peuvent être réduits en transformant les taux métaboliques absolus
(exprimés le plus souvent en J/individu) en taux métaboliques masse-spécifiques
(en J/g de masse corporelle). Cependant, ces derniers varient également avec la
taille des organismes et il est alors nécessaire d’examiner si les variations observes chez les individus exposés suivent les relations allométriques établies chez
des individus témoins. Les effets observés étant alors seulement le fruit de la
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