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Toxicologie nucléaire environnementale et humaine
ment été identifié dans des cultures de bactéries sulfatoréductrices, mais jamais in
situ sans doute en raison de sa rapide réoxydation.
Comme pour l’iode, la production de sélénium volatile dans l’atmosphère par
les micro-organismes, marins notamment, constitue une part importante des
rejets totaux de sélénium atmosphérique. La volatilisation a même été envisagée
comme une technique naturelle possible de biorémediation d’écosystèmes terrestres ou aquatiques pollués en sélénium stable (Frankenberg et Engberg, 1998).
La volatilisation in situ est contrôlée par la température, la quantité et la nature
de la matière organique, notamment la présence d’amendement carboné riche en
groupement méthyle, et la teneur en eau d’un sol (Zhang et Frankenberger, 1999).
Considérée jusqu’à présent comme un processus de détoxification du milieu, des
études récentes à l’aide de radiotraceur montrent que la volatilisation du sélénium
a lieu y compris à partir de sols non sélénifères recevant des apports exogènes en
sélénium inférieurs au bruit de fond géochimique (Chabroullet et al., 2007).
Les mécanismes de méthylation impliquent, le plus souvent, le transfert enzymatique de groupements méthyles à partir de donneurs biologiques tels que la
S-adénosylméthionine ou la méthyl-cobalamine. En 1998, l’implication d’une
méthyltransférase, la thiopurine méthyltransférase de Pseudomonas syringae,
dans le processus de méthylation est établi pour la première fois (Cournoyer et al.,
1998) (cf. partie 4, chapitre 28).
2.4. Effets des micro-organismes sur le transfert des radionucléides
aux plantes
Un site privilégié de l’activité microbienne dans les sols est la rhizosphère
(zone du sol soumise à l’influence de l’activité racinaire). La grande majorité des
plantes se développant dans les conditions naturelles, présentent des associations
symbiotiques avec des champignons. Ces associations symbiotiques, ecto- et
endo- mycorhizes, ont été également décrites chez des plantes isolées de sols
riches en métaux. Champignons et bactéries de la rhizosphère sont stimulés par
les nombreux composés hydrosolubles que les racines exsudent. Les champignons
ectomycorhiziens jouent un rôle important dans l’absorption, le transfert ou l’immobilisation des éléments minéraux du sol, (cuivre, fer, zinc et potassium) mais
également certains métaux (e.g. aluminium, cadmium, zinc, césium). Les métaux <
sont absorbés et accumulés par les cordons mycéliens. Le rôle des mycorhizes [
vis-à-vis des polluants n’est pas encore entièrement explicité. Il semble cependant ■
que leur présence réduit la translocation depuis les racines des plantes jusqu’aux
parties aériennes du cadmium, de l’uranium et du césium, en raison du piégeage ■
de ces éléments au niveau des racines par les mycorhizes (Deneux-Mustin et al., '
2003, Dupré de Boulois, 2008a; 2008b). Une fois incorporé dans la biomasse ?
microbienne (champignons et bactéries), un fort pourcentage des métaux ou radio- 1
nucléides devient plus résistant au lessivage et reste donc immobilisé, comme cela J
a été démontré pour le césium, par exemple.
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