Dans toutes les oasis, un réseau de drainage (khandeg) a été creusé
pour limiter le salage des terres cultivées. Ce réseau véhicule un volume
souvent important (tel le Grand Collecteur de l'oued Rhir) d'eau très
saumâtre (14 g/1 de NaCD) qui se déverse dans des sebkha. L'ensemble du
système de drainage de l'oued Rhir abrite de nombreux cichlidés
(Tilapia zillii, Hemichromis bimaculatus). Le volume d'eau disponible
à cet endroit, ainsi que les possibilités de nourriture, permettraient
d'envisager le développement d'une pisciculture qui, en fournissant un
complément protéinique, permettrait de diversifier les ressources
alimentaires de la région.
Les forages effectués dans la nappe artésienne ont parfois fait
apparaître des poissons qui ne vivent pas dans la nappe profonde, mais
qui peuvent se réfugier dans la nappe phréatique (Rolland) et en être
entraînés par l'aspiration puissante provoquée par le nouveau forage.
Le forage et l'écoulement de puits artésiens peut cependant permettre
le développement d'autres vertébrés aquatiques : les batraciens et surtout
les crapauds. Nous avons ainsi pu observer, en 1979 et 1981, une population
pléthorique de crapauds (B. viridis ) dans le sud Tunisien, à Ksar
Rhilane. Cette oasis, située en bordure du grand Erg Oriental, a été créée
à la suite d’un forage effectué en 1952 dans la nappe du Continental
Intercalaire. Un quart de siècle après, les crapauds pullulent, la nuit,
dans les jardins et sur les dunes, et les têtards abondent dans les séguias,
même au mois de janvier, car l'eau jaillit en permanence à la température
de 30° C. Ces batraciens, s'ils n'ont pas été apportés par l'homme, n'ont pu
venir que du Dahar, situé à quelques dizaines de kilomètres de là.
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