LES HABITANTS DES TÉNÈBRES
Lanémone encroûtante grise (Epizoanthus paxi), également sciaphile, ne
craint ni le sédiment ni une certaine turbulence : on la rencontre souvent
sur le plancher de grottes situées près de la surface. En avançant davantage
dans la caverne, nous observerons de grandes colonies de bryozoaires : la
dentelle de Neptune (Reteporella grimaldii et Reteporella mediterranea), le faux
corail (Myriapora truncata) et le bryozoaire « corne de cerf » (Smittina cervicornis).
Tous ces animaux profitent de la disponibilité de grandes surfaces rocheuses,
car peu d’organismes sont capables de survivre dans cette pénombre.
Il peut arriver que l’on rencontre, près de l’entrée de la grotte, le madréporaire
Phyllangia mouchezii, une espèce relativement rare, dont le squelette calcaire
massif peut former d’importantes concrétions brunes, d'où sortent les tentacules
translucides verdâtres des polypes qui atteignent 2 centimètres.
Un macho et son harem
C’est à l’entrée de la grotte également que nous verrons des bancs entiers
d’anthias (Anthias anthias), poisson aisément reconnaissable à sa couleur
saumonée et à sa nageoire caudale dotée d’un lobe inférieur très long.
Lanthias ou barbier est le proche parent de certaines espèces tropicales et
l’un des témoins de l'existence de l'ancienne mer de Téthys. Même s’il règne
un apparent désordre dans ces bancs parfois très larges, la vie en groupe de
ces animaux est soumise à des lois très strictes. Chaque
mâle, que l’on reconnaît à ses nageoires ventrales jaunes
et bleues, occupe un territoire qu’il partage avec un
harem et quelques poissons juvéniles. A sa mort, ce sera
la femelle la plus âgée et la plus grande qui le remplacera,
changeant de sexe et devenant mâle en l'espace de
quelques jours : le nouveau leader du groupe ! La danse
nuptiale, de courte durée, a lieu en pleine eau juste avant
le coucher du soleil. Les oeufs fécondés seront emportés
par le courant et se développeront dans le plancton,
devenant des larves nageuses en l’espace d'une semaine.
Dans cette pénombre vivent aussi bon nombre de
spongiaires : Halidona fulva, une espèce jaune et
visqueuse, et Oscarella lobularis, également assez molle.
Cette dernière est jaune avec des décolorations bleutées
ou violacées, dues à la présence de cyanobactéries
photophiles. Elle est si molle quelle peut aisément changer
Des anthias
/Anthias anthiasj
photographiés
devant l’entrée
d’une grotte
sous-marine.
de forme et, parfois, on voit le corps former de longues
« coulées » qui pendent, s’allongent et s'étirent au point de devenir minces
comme un fil et de casser. La coulée tombe alors sur le fond, s’y fixe et croît
pour devenir un nouveau spongiaire. C’est un mode de reproduction
asexuée.
84
Lanémone encroûtante grise (Epizoanthus paxi), également sciaphile, ne
craint ni le sédiment ni une certaine turbulence : on la rencontre souvent
sur le plancher de grottes situées près de la surface. En avançant davantage
dans la caverne, nous observerons de grandes colonies de bryozoaires : la
dentelle de Neptune (Reteporella grimaldii et Reteporella mediterranea), le faux
corail (Myriapora truncata) et le bryozoaire « corne de cerf » (Smittina cervicornis).
Tous ces animaux profitent de la disponibilité de grandes surfaces rocheuses,
car peu d’organismes sont capables de survivre dans cette pénombre.
Il peut arriver que l’on rencontre, près de l’entrée de la grotte, le madréporaire
Phyllangia mouchezii, une espèce relativement rare, dont le squelette calcaire
massif peut former d’importantes concrétions brunes, d'où sortent les tentacules
translucides verdâtres des polypes qui atteignent 2 centimètres.
Un macho et son harem
C’est à l’entrée de la grotte également que nous verrons des bancs entiers
d’anthias (Anthias anthias), poisson aisément reconnaissable à sa couleur
saumonée et à sa nageoire caudale dotée d’un lobe inférieur très long.
Lanthias ou barbier est le proche parent de certaines espèces tropicales et
l’un des témoins de l'existence de l'ancienne mer de Téthys. Même s’il règne
un apparent désordre dans ces bancs parfois très larges, la vie en groupe de
ces animaux est soumise à des lois très strictes. Chaque
mâle, que l’on reconnaît à ses nageoires ventrales jaunes
et bleues, occupe un territoire qu’il partage avec un
harem et quelques poissons juvéniles. A sa mort, ce sera
la femelle la plus âgée et la plus grande qui le remplacera,
changeant de sexe et devenant mâle en l'espace de
quelques jours : le nouveau leader du groupe ! La danse
nuptiale, de courte durée, a lieu en pleine eau juste avant
le coucher du soleil. Les oeufs fécondés seront emportés
par le courant et se développeront dans le plancton,
devenant des larves nageuses en l’espace d'une semaine.
Dans cette pénombre vivent aussi bon nombre de
spongiaires : Halidona fulva, une espèce jaune et
visqueuse, et Oscarella lobularis, également assez molle.
Cette dernière est jaune avec des décolorations bleutées
ou violacées, dues à la présence de cyanobactéries
photophiles. Elle est si molle quelle peut aisément changer
Des anthias
/Anthias anthiasj
photographiés
devant l’entrée
d’une grotte
sous-marine.
de forme et, parfois, on voit le corps former de longues
« coulées » qui pendent, s’allongent et s'étirent au point de devenir minces
comme un fil et de casser. La coulée tombe alors sur le fond, s’y fixe et croît
pour devenir un nouveau spongiaire. C’est un mode de reproduction
asexuée.
84
