LA VIE DANS LES HERBIERS
Il existe quelques autres « herbes »
phanérogames méditerranéennes : les
zostères (Zostera marina et Z. noltei) et
les cymodocées (Cymodocea nodosa).
Toutes sont plus fines et plus petites que
les posidonies, supportent bien une légère
dessalure (étangs côtiers !) et ne se
rencontrent pas plus profond qu’à une
dizaine de mètres.
Quant à la posidonie, sa limite supérieure
est déterminée par l'hydrodynamisme, sa
limite inférieure par la luminosité. Ainsi,
dans des baies très abritées, elle peut
remonter jusqu’à la surface pour y former
Contrairement aux posidonies, les zostères,
ici la zostère naine /Zostera noltei], supportent
bien l’eau saumâtre des étangs côtiers.
de véritables récifs et dans les zones d’eau claire elle peut descendre jusqu’à
40 mètres. Par ailleurs, elle ne supporte pas l’eau saumâtre : la salinité doit
être comprise entre 37 et 38 %o.
Une usine sous la mer
Ainsi donc, la posidonie joue un rôle essentiel dans l’écosystème
méditerranéen. Cette espèce endémique est une plante terrestre retournée
à la mer il y a 120 millions d’années. Comme les mammifères marins
(baleines, dauphins et phoques) avec leur sang chaud, leurs poumons et
leur cerveau supérieur, elles ont apporté quelques inventions terrestres
sophistiquées (fleurs, racines) qui les avantagent par rapport aux algues, plus
primitives. D’où leur domination là où elles arrivent à remplacer les pionniers
végétaux qui « préparent le terrain ».
De la croissance horizontale des rhizomes (5 à 10 cm par an) et verticale
des feuilles résultant des mottes, épais coussins de posidonies mortes mêlées
au sable et dont la croissance verticale peut atteindre I mètre par siècle :
on a trouvé des cargaisons d'amphores romaines complètement recouvertes
par 2 à 3 mètres de matte (donc une croissance moyenne de 12 cm par
siècle environ).
J’ai déjà évoqué la productivité de l’herbier. Elle peut se résumer en
quelques chiffres. Saviez-vous qu’on peut trouver jusqu’à 7 000 feuilles par
mètre carré ? Que cela représente jusqu’à 100 mètres carrés de surface
foliaire, et que cela fait 3,5 kilos de biomasse (poids sec I) par mètre carré
de fond ? Que la production primaire est d’une vingtaine de tonnes de
matière sèche par hectare et par an, c’est-à-dire presque le double de notre
forêt tempérée ? Et que chaque mètre carré de posidonies produit entre
I et 14 litres d’oxygène par mètre carré et par jour ?
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Il existe quelques autres « herbes »
phanérogames méditerranéennes : les
zostères (Zostera marina et Z. noltei) et
les cymodocées (Cymodocea nodosa).
Toutes sont plus fines et plus petites que
les posidonies, supportent bien une légère
dessalure (étangs côtiers !) et ne se
rencontrent pas plus profond qu’à une
dizaine de mètres.
Quant à la posidonie, sa limite supérieure
est déterminée par l'hydrodynamisme, sa
limite inférieure par la luminosité. Ainsi,
dans des baies très abritées, elle peut
remonter jusqu’à la surface pour y former
Contrairement aux posidonies, les zostères,
ici la zostère naine /Zostera noltei], supportent
bien l’eau saumâtre des étangs côtiers.
de véritables récifs et dans les zones d’eau claire elle peut descendre jusqu’à
40 mètres. Par ailleurs, elle ne supporte pas l’eau saumâtre : la salinité doit
être comprise entre 37 et 38 %o.
Une usine sous la mer
Ainsi donc, la posidonie joue un rôle essentiel dans l’écosystème
méditerranéen. Cette espèce endémique est une plante terrestre retournée
à la mer il y a 120 millions d’années. Comme les mammifères marins
(baleines, dauphins et phoques) avec leur sang chaud, leurs poumons et
leur cerveau supérieur, elles ont apporté quelques inventions terrestres
sophistiquées (fleurs, racines) qui les avantagent par rapport aux algues, plus
primitives. D’où leur domination là où elles arrivent à remplacer les pionniers
végétaux qui « préparent le terrain ».
De la croissance horizontale des rhizomes (5 à 10 cm par an) et verticale
des feuilles résultant des mottes, épais coussins de posidonies mortes mêlées
au sable et dont la croissance verticale peut atteindre I mètre par siècle :
on a trouvé des cargaisons d'amphores romaines complètement recouvertes
par 2 à 3 mètres de matte (donc une croissance moyenne de 12 cm par
siècle environ).
J’ai déjà évoqué la productivité de l’herbier. Elle peut se résumer en
quelques chiffres. Saviez-vous qu’on peut trouver jusqu’à 7 000 feuilles par
mètre carré ? Que cela représente jusqu’à 100 mètres carrés de surface
foliaire, et que cela fait 3,5 kilos de biomasse (poids sec I) par mètre carré
de fond ? Que la production primaire est d’une vingtaine de tonnes de
matière sèche par hectare et par an, c’est-à-dire presque le double de notre
forêt tempérée ? Et que chaque mètre carré de posidonies produit entre
I et 14 litres d’oxygène par mètre carré et par jour ?
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