LA PRAIRIE
Tout cela explique pourquoi l'herbier forme un biotope
si riche : chaque mètre carré fournit un support de
quelques dizaines de mètres carrés qui peuvent être
colonisés par des plantes et des animaux épiphytes.
Chaque mètre carré fournit un surplus d’oxygène et
chaque mètre carré fournit une grande quantité de
matière organique.
Les uns et les autres
71
Diversité des
épiphytes sur
une vieille feuille
de posidonie : des
algues calcaires
mauves,
principalement
des Fosliella,
divers bryozoaires
encroûtants
orange, des algues
filamenteuses,
à gauche,
et des hydraires
fAglaophenia
harpagoj, à droite,
reconnaissables
aux corbules,
ce qui distingue
immédiatement
cette espèce
d’autres hydraires
qui affectionnent
le même biotope.
Pourtant, dans le microcosme de l’herbier, peu
d'espèces animales se nourrissent directement de la
posidonie elle-même. En fait, on ne connaît que
cinq espèces qui s’y attaquent. Vous obseiA/erez l’oursin
brun (Paracentrotus lividus) qui se cache dans les rhizomes,
de jour, pour grimper sur les feuilles qu’il broute, pendant
la nuit. Lherbier peut en cacher jusqu’à 40 par mètre
carré. Loursin violet (Sphaerechinus granularis), par contre, occupe une autre
niche : il est parmi les rhizomes et il y reste, puisque c’est d’eux qu’il se
nourrit.
La saupe (Serpe selpe) est un autre mangeur de feuilles, comme le sont
également les grands isopodes de la famille des Idotées, qui peuvent mesurer
jusqu'à 5 centimètres, et l’araignée de mer Pise nodipes.
Mais la plupart des espèces animales se nourrissent des épiphytes, c’està-dire des plantes et des animaux vivant fixés sur les posidonies. Parmi ces
épiphytes, il y a de nombreuses algues (dont les Fosliella, Gireudye, Cestegnee
et autres...), mais aussi des bryozoaires (dont Electre posidoniee), des hydraires,
des foraminifères, des spongiaires, des vers tubicoles.
Parmi la faune vagile, citons la petite araignée de mer Achaeus crenchii.
Camouflée de façon remarquable, vous aurez du mal à la découvrir. Pourtant
on en a recensé jusqu’à I 80 individus par mètre carré ! Il y a également un
grand nombre de gastéropodes, appartenant aux genres Rissoe et Bittium
notamment, qui broutent les épiphytes. Citons encore, parmi les habitants
du petit monde de l’herbier, l'antédon (Antedon mediterrenee), la seiche
(Sepia officinelis), la nacre (Pinne nobilis)... Finalement, cette prairie constitue
une véritable nurserie pour poissons juvéniles et un abri pour les adultes :
on y verra outre les saupes, des crénilabres, des mendoles, des serrans et
des raies. Au total, il y a 3 tonnes de poids sec de matière animale par
hectare et, en tout, on a recensé plus de 400 espèces d’algues et plusieurs
milliers d’espèces animales dans les herbiers de posidonies. Qui disait qu’il
n’y avait rien à voir ?
Quand les feuilles tombent, celles-ci se décomposent. La matière organique
qui en résulte est mangée par des détritivores, surtout l’holothurie brune
70
Tout cela explique pourquoi l'herbier forme un biotope
si riche : chaque mètre carré fournit un support de
quelques dizaines de mètres carrés qui peuvent être
colonisés par des plantes et des animaux épiphytes.
Chaque mètre carré fournit un surplus d’oxygène et
chaque mètre carré fournit une grande quantité de
matière organique.
Les uns et les autres
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Diversité des
épiphytes sur
une vieille feuille
de posidonie : des
algues calcaires
mauves,
principalement
des Fosliella,
divers bryozoaires
encroûtants
orange, des algues
filamenteuses,
à gauche,
et des hydraires
fAglaophenia
harpagoj, à droite,
reconnaissables
aux corbules,
ce qui distingue
immédiatement
cette espèce
d’autres hydraires
qui affectionnent
le même biotope.
Pourtant, dans le microcosme de l’herbier, peu
d'espèces animales se nourrissent directement de la
posidonie elle-même. En fait, on ne connaît que
cinq espèces qui s’y attaquent. Vous obseiA/erez l’oursin
brun (Paracentrotus lividus) qui se cache dans les rhizomes,
de jour, pour grimper sur les feuilles qu’il broute, pendant
la nuit. Lherbier peut en cacher jusqu’à 40 par mètre
carré. Loursin violet (Sphaerechinus granularis), par contre, occupe une autre
niche : il est parmi les rhizomes et il y reste, puisque c’est d’eux qu’il se
nourrit.
La saupe (Serpe selpe) est un autre mangeur de feuilles, comme le sont
également les grands isopodes de la famille des Idotées, qui peuvent mesurer
jusqu'à 5 centimètres, et l’araignée de mer Pise nodipes.
Mais la plupart des espèces animales se nourrissent des épiphytes, c’està-dire des plantes et des animaux vivant fixés sur les posidonies. Parmi ces
épiphytes, il y a de nombreuses algues (dont les Fosliella, Gireudye, Cestegnee
et autres...), mais aussi des bryozoaires (dont Electre posidoniee), des hydraires,
des foraminifères, des spongiaires, des vers tubicoles.
Parmi la faune vagile, citons la petite araignée de mer Achaeus crenchii.
Camouflée de façon remarquable, vous aurez du mal à la découvrir. Pourtant
on en a recensé jusqu’à I 80 individus par mètre carré ! Il y a également un
grand nombre de gastéropodes, appartenant aux genres Rissoe et Bittium
notamment, qui broutent les épiphytes. Citons encore, parmi les habitants
du petit monde de l’herbier, l'antédon (Antedon mediterrenee), la seiche
(Sepia officinelis), la nacre (Pinne nobilis)... Finalement, cette prairie constitue
une véritable nurserie pour poissons juvéniles et un abri pour les adultes :
on y verra outre les saupes, des crénilabres, des mendoles, des serrans et
des raies. Au total, il y a 3 tonnes de poids sec de matière animale par
hectare et, en tout, on a recensé plus de 400 espèces d’algues et plusieurs
milliers d’espèces animales dans les herbiers de posidonies. Qui disait qu’il
n’y avait rien à voir ?
Quand les feuilles tombent, celles-ci se décomposent. La matière organique
qui en résulte est mangée par des détritivores, surtout l’holothurie brune
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