UN PEU DE SCIENCE
mettez un poisson rouge en eau de mer ou une étoile de mer en eau douce,
ces animaux mourront aussitôt !
Plus bas, la mer est toujours présente. Finis les grands écarts de
température et de salinité. Grâce au fort éclairement on y trouve une
abondance d’algues et autres végétaux. Cette zone, qui s’étend jusqu’à la
limite inférieure des grandes phanérogames marines (en Méditerranée :
l’herbier de posidonies, dont la limite inférieure se trouve entre 20 et
50 mètres de profondeur), est appelée infralittoral. C’est ici que nous
rencontrerons la plus grande diversité d'organismes marins.
Plus bas se trouve une autre zone, encore très riche, que nous appelons
circalittoral. Sa limite inférieure est définie par celle des algues pluricellulaires
et se trouve, en Méditerranée, entre 40 et 100 mètres. Cette zone est
donc exclusivement définie par les conditions de luminosité : trop faible pour
les posidonies, encore suffisante pour quelques grandes algues. C’est pourquoi
certains endroits obscurs, malgré la faible profondeur où ils se trouvent, font
partie du circalittoral.
Le substrat
Il suffit de mettre la tête sous l’eau pour remarquer que les communautés
des fonds de sable diffèrent entièrement de celles des fonds rocheux. Ceci
est dû à la différence de substrat. Pourtant, la différence entre un bloc
rocheux et un grain de sable n’est qu’une question de taille. Mais cela
entraîne des différences de stabilité : si le fragment de roche est suffisamment
grand pour rester immobile pendant un certain temps, il sera recouvert
d’organismes. Voilà pourquoi nous distinguerons :
- la roche, les grands blocs et les grandes pierres (diamètre supérieur à
20 cm), très stables ;
- les cailloux (diamètre compris entre 2 et 20 cm), remués périodiquement ;
- les graviers (diamètre compris entre 2 et 20 mm), le sable (diamètre
compris entre 50 p/m et 2 mm) et la vase (diamètre inférieur à 50 p/m) ;
en mouvement permanent.
Tous les facteurs écologiques abordés ci-dessus déterminent des biotopes
différents, où s’installeront des biocénoses bien distinctes (pour une définition
de ces termes, voir le glossaire en début de volume). Ce sont les « paysages
sous-marins » dont il sera question dans le chapitre suivant : le bord de
mer, le premier mètre sous la surface, la vie sous les pierres, les fonds de
sable, les prairies de posidonies, les fonds rocheux, les grottes et les épaves
et finalement la pleine eau. Après quoi nous ferons connaissance avec les
différentes espèces que vous pourrez y rencontrer. Mais avant de les aborder,
il faut encore un peu de science (et de patience).
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