Exemples d'application :
Des essais menés aux Pays-Bas montrent que les résultats sont fortement dépendant de la nature
du sédiment et des polluants. Ainsi, l'utilisation d'acide chlorhydrique sur des prélèvements n'a
pas conduit à des lixiviations satisfaisantes, malgré une forte acidité du milieu (pH compris entre
0.5 et 1) (SCHOTEL et al., 1993). De plus, la présence de carbonates au sein du sédiment a
entraîné une importante consommation d'acide. Une étude sur les sédiments de Hambourg a
mené à une conclusion semblable (DETZNER (b), 1993).
Dans certains cas toutefois, l'extraction acide conduit à des bilans plus favorables. C'est le cas
d'une étude menée sur un sédiment prélevé dans le port d'Anvers et pollué par des métaux
(DEMEYER et al., 1993). L'acide chlorhydrique a été préféré à l'acide nitrique, car il mène à de
meilleurs résultats sur ce produit. Cette étude a été menée à pH 2, car des acidités plus fortes
entraînent des modifications importantes de la phase solide (matières organiques, carbonates,
oxyhydroxydes de fer et de manganèse et autres minéraux). Dans ces conditions expérimentales,
la libération des métaux a été étudiée en fonction du temps. Après une à deux heures, l'optimum
est atteint pour Ni, Co, Pb, Fe et Cr. Par contre, l'extraction reste croissante pour Cd et Zn
tandis qu'elle ne débute réellement pour Cu qu'au-delà de trois heures. Le bilan de ces
extractions est assez mitigé selon les éléments métalliques. Ainsi, après huit heures de
traitement, 70 et 90 % de Zn et Cd sont libérés respectivement. Les proportions concernant Pb,
Co et Ni sont proches de 40 % et inférieures à 20 % pour Fe, Cr et Cu. L'étude a été poursuivie
en dopant l'extraction par une oxydation au peroxyde d'hydrogène (T^Oj). Les résultats sont
alors améliorés, malgré la faible quantité de H,O2 utilisée. Bien que les conditions de pH soient
moins strictes, certains métaux sont mieux désorbés (Cu, Zn, Cd et Pb). De plus, l'extraction du
fer est minimisée. En combinaison, ces deux techniques peuvent donc présenter un moyen
potentiel de traitement.
Limites à l'application :
Pourtant, le développement de la lixiviation dans le traitement des sédiments paraît largement
compromis. D'une part, son efficacité n'est pas systématique. Certains contaminants
inorganiques comme le mercure et l'arsenic sont souvent présents sous des formes difficilement
lixiviables. De plus, le passage en milieu acide entraîne des conséquences néfastes vis-à-vis de la
réutilisation du matériau après traitement. D'autre part, la phase aqueuse contenant les polluants
dissous présente des toxicités importantes en raison de sa forte concentration en sels. Il semble
que ce problème peut être résolu par évaporation, mais cela entraîne des surcoûts importants
(DETZNER (b), 1993). Enfin, cette technique demande des investissements technologiques
importants et nécessite des consommations de réactifs considérables lorsque les sédiments sont
riches en carbonates.
IL2.2.2 Extraction par complexation
Principe :
Ce procédé consiste à introduire dans la pulpe sédimentaire en agitation des agents chimiques
asant de fortes propriétés complexantes vis-à-vis des polluants inorganiques. Les plus usuels
sont 1 EDTA le NTA ou encore l'acétate d'ammonium. Le passage en solution de ces polluants
impose là aussi un traitement de la phase aqueuse.
Exemples d'application et limites:
Des essais en laboratoire ont été réalisés sur des sédiments contaminés par des métaux
(SCHOTEL et RIENKS, 1993). L'agent complexant utilisé était l'EDTA. Les résultats obtenus
montrent des récupérations métalliques comprises entre 70 et 90 %. Les meilleures conditions
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