1996). La flottation est utilisée aussi dans le désencrage des vieux papiers. Aujourd'hui, son
usage dans le traitement des sols et des sédiments s'accentue. Cependant, dans ces nouveaux
domaines d'application, et compte tenu des très nombreux paramètres qui peuvent être contrôlés
(collecteurs, pH, température, concentration solide, taille des particules, ...), cette technique
implique souvent des études préliminaires importantes. La recherche des meilleurs collecteurs
représente une source importante d'optimisation (PEARL et al., 1994). Parmi toutes les études
réalisées dans cet axe de recherche, les deux présentées ci-après sont particulièrement
intéressantes, car elles montrent les cheminements d'essais et les bilans détaillés. Certains centres
de traitement de sol utilisent également ce procédé à grande échelle, mais peu d'informations
sont communiquées sur les principes utilisés et les résultats obtenus (WALLIN, 1993).
Les Pays-Bas ont mené une étude sur les sédiments du port de Elburg, pollués par des HAP et
des métaux (RIZ A, 1996). Les premiers essais ont été réalisés en laboratoire sur la fraction
inférieure à 300 pm. Un hydrocyclone a permis de séparer les particules fines (0/30 pm) et
sableuses. Puis, les deux produits engendrés par ce prétraitement ont été traités séparément en
cellule de flottation. La flottation de la fraction fine a conduit à récupérer entre 58 et 72 % des
HAP sur 10 à 30 % de la masse initiale. Les résultats sont encore meilleurs pour la fraction
sableuse. Dans ce cas en effet, 84 % des polluants organiques sont isolés sur 1.8 % de la masse.
Face à de tels résultats, des essais à l'échelle pilote ont été lancés sur 500 tonnes de sédiment
brut. Un hydrocyclone a permis d'éliminer la fraction grenue saine. La flottation a été réalisée sur
les 100 tonnes de fines en deux jours. Le comportement des polluants organiques est
relativement homogène tout au long des essais. Ainsi, cette opération a permis de récupérer 55
et 80 % d'entre eux sur respectivement 8 et 26 % pondéral. Les résultats sont plus difficiles à
interpréter dans le cas de la pollution métallique. En effet, la teneur en plomb du circuit
d'alimentation a varié de 270 à 1900 ppm. Ainsi, le bilan de la première campagne d'essai
concernant ce métal est nul (8 % du plomb sur 8 % pondéral). La seconde campagne montre
une tendance positive qui reste cependant inférieure à celle des polluants organiques (67 % du
plomb est isolé sur 26 % de la masse).
Des essais ont également été menés en Angleterre sur un sol contaminé par des HAP, des huiles
minérales et des métaux (PEARL et al., 1994). Un tamisage a permis d'isoler la fraction
supérieure à 500 pm, tandis que l'autre fraction était déschlammée par hydrocyclone. Les essais
de flottation réalisés sur les fines se sont scindés en deux parties. La première a été réalisée avec
un mélange de collecteurs. Elle a conduit à récupérer 55 % des HAP, 62 % des huiles, 36 % du
plomb et 63 % de l'arsenic sur 19 % de la masse. La seconde flottation effectuée avec un
collecteur sulfure a permis d'améliorer significativement ces résultats. Le flottant concentrait
89 % des HAP, 86 % des huiles et 49 % du plomb et de l'arsenic sur 25 % pondéral. Enfin, une
flottation a été testée sur la fraction 500/3000 pm. Les résultats conduisent aux ordres de
grandeur obtenus précédemment avec les fractions plus fines. Ainsi, le flottant qui représentait
32 % de la masse concentrait 80 % des HAP, 96 % des huiles et 71 % du plomb.
Limites à l'application :
Cet ensemble de résultats met en évidence l'intérêt de la flottation pour les pollutions
organiques. Pour les pollutions métalliques, les résultats sont plus mitigés. De plus, pour ces
dernières, la caractérisation des porteurs réalisée par extractions séquentielles, ne semble pas
être en mesure d orienter le choix des collecteurs appropriés. Il semble que le complexe formé
par la matrice et les polluants dans un sol naturel soit trop difficile à gérer. Des essais sur des
sols synthétiques pourraient éventuellement permettre d'apporter des éléments de réponse
(LANGEN et al., 1994).
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