D'une façon générale, l'évolution de la législation, la prise de conscience collective des
nuisances occasionnées par les solutions traditionnelles ainsi que les limites que constituent les
mises en confinement, imposent aujourd'hui une recherche sur le devenir de ces produits. Notre
travail s'inscrit dans cette voie. Il fait partie d'un programme plus vaste, mené conjointement
avec differents laboratoires, dont le département Géomatériaux et Géoprocédés de la Direction
de la Recherche (DR/GGP) du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM)
d'Orléans, le Groupe de Recherche en Génie Civil (GRGC) de l'Université du Havre
(BOUTOUIL et LE VACHER, 1996), le Laboratoire de Recherche des Matériaux de
Construction (LRM2C) de Caen (BENNABI et LEVACHER, 1996) et le Laboratoire
Environnement, Géomécanique, Ouvrages de l'ENSG à Nancy (TROALEN, 1996).
Cadre de l'étude
En France, la problématique concernant les sédiments toxiques se traduit pour certaines
régions par des pollutions métalliques importantes. Ainsi, le bassin Artois-Picardie, fortement
industrialisé, sans relief et équipé d'un réseau fluvial important, présente de nombreux points
noirs. Grandement préoccupée par cette thématique, l'Agence de l'eau de cette région a établi
en 1992 une carte des secteurs les plus pollués en effectuant près de 200 prélèvements sur les
différents cours d'eau (DHAINAUT, 1992). Les pollutions métalliques peuvent atteindre des
proportions alarmantes (annexe 2). SIX (1992) présente plusieurs sites hautement contaminés,
caractérisés par des teneurs de plusieurs pour-cent en étain, en cuivre, ou encore en zinc.
Par ailleurs, les problèmes de contamination par les métaux lourds se posent sans doute plus
fréquemment qu'il est communément admis. Ils ne se révèlent actuellement qu'à l'occasion
d'études et d'analyses réalisées sur l'initiative d'organismes particulièrement sensibilisés à la
question. Parfois aussi, c'est l'apparition spectaculaire des symptômes de toxicité pour les
plantes ou pour les animaux qui permet leur découverte. En l'occurrence, il est alors trop tard
pour intervenir. Aux Etats-Unis, 63 % des sites prioritaires répertoriés sont contaminés par des
métaux (THE HAZARDOUS WASTE CONSULTANT, 1996).
En conséquence, nous avons décidé de travailler sur des sédiments de canaux et d'estuaire
prélevés sur des sites français, et contaminés par des polluants métalliques.
Déroulement de l'étude
Depuis quelques années, plusieurs pays confrontés à la problématique des sédiments toxiques,
mènent des programmes de recherche sur cette thématique. Certains d'entre eux sont parvenus
à développer des unités pilotes ou industrielles, adaptées à leurs propres besoins. Ainsi, il
existe actuellement pour des types de sédiments et de polluants bien définis, des solutions
réelles de traitement. C'est pourquoi une large étude bibliographique a tout d'abord été menée.
Celle-ci, présentée dans la première partie, se scinde en deux chapitres. Dans le premier, les
principales caractéristiques des sédiments ont été rappelées, en abordant également le
comportement des polluants au sein des matrices sédimentaires. Dans le second chapitre, un
inventaire des techniques de traitement, potentiellement applicables à ces matériaux, a été
répertorié. Leur principe de fonctionnement, leur domaine d'application et leur efficacité sont
décrits à partir d'exemples, provenant des expériences allemandes, hollandaises, canadiennes et
américaines. Cette étude préliminaire a permis de dégager des axes de recherche.
30
Précédent

- 31/342

Suivant