INTRODUCTION
Problématique des vases de dragage
L'entretien des installations portuaires ou fluviales nécessite souvent le recours aux opérations
de dragage. Ces dernières génèrent des volumes de vases considérables (tableau 1 et annexe 1).
Par ailleurs, lorsque la zone de dragage est à proximité de sites industriels polluants, les
sédiments à excaver peuvent s'avérer fortement contaminés. Dans ce cas, le devenir de ces
produits est particulièrement complexe. Les solutions traditionnelles de mise en immersion au
large pour les vases d'estuaires et de mise en régalage pour les vases de canaux sont
inapplicables. En effet, suite à de telles pratiques, de nombreux exemples de contamination de
la chaîne alimentaire ont été rencontrés dans le passé (PRYGIEL, 1992). De nouvelles
solutions sont indispensables.
Tableau 1 - Volumes des boues draguées (ports - canaux) pour différents pays
Boues portuaires (m^/anj
Port de Marseille
Port de Nantes - Saint-Nazaire
Ports français de la côte Atlantique
(moyenne par port)
Bilan global (France)
de 10 à 20 000
5 000 000
de 3 à 10 000 000
40 000 000
Port de Hambourg (Allemagne)
Port de Rotterdam (Pays-Bas)
2 000 000
de 20 à 23 000 000
Boues de canaux (m^/an)
Région Nord - Pas de Calais
Bilan global (France)
de 500 000 à 1 000 000
de 1 500 000 à 1 750 000
Boues portuaires et de canaux (m$/an)
France
Angleterre
Pays-Bas
Allemagne
Etats-Unis
> 40 000 000
40 000 000
45 000 000
50 000 000
250 000 000
Les études sur la problématique des "sédiments toxiques" sont relativement récentes Le
comportement des matériaux dans le temps, et notamment les phénomènes de transfert de
polluants sont donc mal connus. Les notions de pollution d'un cours d'eau et de toxicité de ses
sédiments sont difficiles à définir. Cela explique grandement le vide réglementaire qui existe sur
ce sujet, et par exemple, l'absence de normes de référence pour les sédiments en France.
Face à cette problématique, il est bien souvent décidé de repousser l'échéance du dragage
Lorsque cela n'est pas possible (profondeurs nécessaires à la navigation, écoulement de
l'eau...), les vases polluées sont mises en confinement afin de réduire les risques potentiels
qu'elles représentent. Cette dernière solution permet ponctuellement de régler des situations
critiques. Elle n'est cependant pas généralisable en raison des volumes concernés et des coûts
qu'elle occasionne (500 à 2000 francs par mètre cube).
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