Dans les cas les plus courants, la phase liquide (l'eau) et la phase solide (le sol) sont bien
connues. Ainsi, le terme (y/rj) ne dépend pratiquement que de la température du fluide et la
perméabilité intrinsèque (K) est alors bien souvent ignorée. En outre, en mécanique des sols,
les essais de laboratoire conduisent directement au coefficient de perméabilité k. Cependant,
lorsque la nature et les propriétés du fluide sont susceptibles de varier notablement, comme
c'est le cas par exemple pour les roches pétrolifères, il est tout naturel de se servir du
coefficient K.
Les essais de filtration sous pression se rapprochent ainsi des essais de perméabilité. Ils
conduisent à la valeur de K par l'intermédiaire de la porosité du gâteau de filtration selon
l'expression suivante :
K =-----------r(l-f)p»
avec K
r
e
P$
: perméabilité intrinsèque (m2)
: résistance spécifique à la filtration (m/kg)
: porosité du gâteau (sans unité)
: poids volumique de la phase solide (N/m3)
Dans cette expression, on fait l'hypothèse qu'au cours de la filtration, il n'y a pas de
dégagement gazeux au sein du gâteau (dégradation de la matière organique...). Le respect de
cette hypothèse ne pose pas de problème, même avec des temps de filtration de 24 heures. Il
faut néanmoins prendre soin d'arrêter l'essai dès que la filtration est terminée, afin de ne pas
assécher le gâteau par le passage de l'air sous pression. Cela permet de considérer que ce
dernier est saturé en eau. La porosité "e", rapport entre le volume d'eau et le volume total, est
l'équivalent de "n" en mécanique des sols (e = 0.81). La densité solide (ps = 23 kN/m3) a été
mesurée précédemment (cf. III.2.1.3). On obtient alors K =1.16 * 10
14 m2.
La perméabilité k est calculée pour une viscosité dynamique du filtrat T] = 1.0019 *
103 Ns/m2.
On obtient alors k = 1.16 *
107 m/s à la concentration solide de 437 kg/m3. C'est un ordre de
grandeur qui correspond à un matériau du type limon argileux.
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