VI .3 Conclusion du chapitre
La gestion de la fraction fine des sédiments consiste à effectuer une séparation solide-liquide la
plus efficace possible. La présence de colloïdes, d'argiles et de petites particules minérale rend
cette operation difficile. Néanmoins, une caractérisation de ces produits et des essais de
traitement ont permis de dégager des techniques particulières.
La neutralisation des charges de surface des particules par ajout de coagulant est insuffisante
pour permettre une décantation efficace. Compte tenu des faibles tailles granulométriques de
ces particules, le recours aux floculants est nécessaire. En créant des ponts entre les particules
unitaires, ces réactifs favorisent la formation de flocs de taille importante, présentant des
vitesses de décantation plus élevées. En outre, les surnageants obtenus s'avèrent souvent très
limpides. Sur les matériaux étudiés, les floculants cationiques sont les plus adaptés. Les
mesures de potentiel Zêta, pour différentes concentrations en réactifs, montrent une courbe
caractéristique des suspensions colloïdales.
La surfloculation par ajout de réactif en excès permet d'augmenter très nettement les
concentrations solides des flocs. Toutefois, ces derniers emprisonnent au sein de leur structure
des quantités non négligeables d'eau, difficiles à éliminer. Ainsi, les essais de compactage en
cellule Tasster n'améliorent pas la séparation solide-liquide. D'autres techniques, comme la
filtration, s'avèrent plus efficaces. Toutefois, celle-ci est plus onéreuse et reste par ailleurs trop
longue (près de 2 heures sous une pression de 500 kPa) pour être applicable à une échelle
pilote ou industrielle.
La phase liquide ainsi séparée peut être réutilisée dans les différentes étapes de traitement qui
nécessite de diluer les sédiments (hydrocyclone par exemple). Toutefois, dans le cas d'une
élimination de cette eau, des analyses chimiques complémentaires s'avèrent alors nécessaires.
La phase solide présente les caractéristiques mécaniques d'une boue assez peu visqueuse. On
peut envisager d'appliquer des techniques d'immobilisation qui permettraient une
consommation d'eau importante, en améliorant les caractéristiques mécaniques (cf. II 4 2 1)
Une étude plus large sur les techniques d'immobilisation des sédiments de dragage bruts par
ajout de ciments, fait l'objet d'un travail de thèse à l'Université du Havre (BOUTOUTL et al,
1996). Dans notre cas, compte tenu des contaminations importantes des matériaux étudiés,
l'une des seules solutions envisageables est une mise en confinement. Dans ce cadre, une étude
de consolidation a été menée pour caractériser le comportement de ces produits en bassins de
dépôt. Elle est présentée au chapitre suivant.
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