. Détermination de la croissance par la méthode
indirecte (Relation d’allométrie)
* Au niveau du test
Dans l’ensemble des stations, la valeur de «r» mesurant
le degré de liaison entre Ds et H, est assez forte. La
comparaison des relations d’allométrie entre les sites
montre une différence significative entre Sidi Fredj et les
deux autres sites respectivement (F < 10 4). L’oursin de
Sidi Fredj est significativement plus aplati que celui d’Alger
Plage et de Tamentfoust.
* Au niveau de la lanterne d’Aristôte
Le coefficient de régression «a» significativement
inférieur à 1, met en évidence une relation d’allométrie
minorante entre d et Ds, dans l’ensemble des sites, P.
lividus présente une vitesse de croissance du diamètre
de la lanterne plus lente que celle du diamètre du test.
Il n’y aucune différence significative entre les trois sites
(P > 0,05). La comparaison inter-sites de la relation entre
le diamètre (d) et la hauteur (h) de la lanterne montre
une différence significative entre Tamentfoust et les deux
autres sites respectivement Alger Plage et Tamentfoust.
(P = 0,05). L’oursin de Tamentfoust a une mâchoire plus
aplatie que celle des deux autres sites.
- Comparaison de la forme des piquants des oursins
issus des différents sites
Les valeurs moyennes de la longueur du piquant, montre
que pour une taille moyenne de 41 mm, les oursins de Sidi
Fredj présentent des piquants significativement plus longs
que ceux des oursins d’Alger Plage et de Tamentfoust (P
< 0,05). Par contre, l’épaisseur à la base et au sommet du
piquant est significativement inférieure chez les oursins
de Sidi Fredj par rapport aux oursins des deux autres sites
(P < 0,05). Ces résultats nous permettent de dire que P
lividus présente des piquants plus long et plus fin à Sidi
Fredj.
3. Discussion et conclusion
La toxicité des différents métaux lourds varie en fonction de
l’espèce concernée et de ses stades de développement,
des synergies et antagonismes avec d’autres métaux
ou d’autres éléments polluants, des conditions physicochimiques du milieu, de la présence de matière organique
et d’argile en suspension (Deslous-Paoli, 1982). Dans nos
résultats, seule la contamination en Pb mesurée dans
les sédiments et les gonades est au-dessus des valeurs
normales et fortement négativement corrélée avec les
différents taux de développement larvaire (Soualili et al.,
2008). On peut proposer donc un gradient de degré de
perturbation des trois sites algérois, comme suit:
la contamination de l’eau de mer non seulement par les
métaux lourds (tel que le fer, le mercure.....), mais aussi par
les TBT, PAHs et pesticides (Quiniou et al., 1999). Dans le
même ordre d’idées, Kobayashi et Okamura (2005) relient
les anomalies du développement observées dans une eau
artificielle chargée en métaux lourds non seulement à la
concentration de ces métaux mais aussi aux interactions
chimiques entre ces métaux. Selon Lawrence (1987),
les réponses des populations d’échinodermes peuvent
être classées en différents niveaux selon la quantité de
nourriture dont elles disposent, (a) Lorsque la nourriture
est abondante, le taux de croissance, la reproduction et la
longévité présentent un optimum, (b) Lorsque la nourriture
est réduite, le taux de croissance et la taille maximale
diminuent, pour favoriser la fonction de la reproduction,
(c) En cas de limitation plus importante, l’effort de
reproduction est affecté, et l’on peut imaginer un cas
extrême où l’énergie disponible serait utilisée pour la seule
maintenance sans croissance somatique ni gonadique.
D’après Spirlet et al. (2000) et Shipigel et al. (2004),
chez les oursins, lorsque la nourriture disponible n’est pas
limitée, la température peut jouer un rôle important dans
le contrôle de la croissance. Outre la corrélation positive
entre la croissance somatique et la température signalée
par de nombreux auteurs (Lares et McClintock, 1991), et
traduite par l’évolution saisonnière observée chez toute
les populations jusqu’à l’arrêt hivernal à l’origine des
stries translucides, des variations de températures locales
peuvent être à l’origine de variations de croissance.
Une augmentation de température peut augmenter
l’efficacité de l’ingestion et de l’absorption et donc au final
la croissance (Spirlet et al., 2000). A l’opposé de trop fortes
températures peuvent entraîner un ralentissement de cette
fonction en agissant directement sur le métabolisme de
l’animal (Le Gall et al., 1990). Cependant, la comparaison
des populations analysées ici ne montre pas de relation
directe entre le gradient de température et la croissance
chez Paracentrotus lividus. Des facteurs locaux sont
donc à l’origine des variations observées, facteurs
environnementaux dont ceux cités précédemment,
mais aussi des facteurs génétiques. Ulbricht & Pritchard
(1972) signalaient déjà des réactions différentes à la
température des populations d’oursins subtidales par
rapport aux populations intertidales soumises à de plus
importantes variations thermiques, et il est tout à fait
normal de concevoir une adaptation à ce facteur après
isolement géographique.La modification de la forme du
test chez les échinidés est conditionnée par les forces
mécaniques ou par des processus liés à la calcification
(Dafni, 1983 ; 1985). La forme du test (aplatissement) peut
varier entre populations de la même espèce en fonction
de l’exposition du milieu (Lumingas, 1994). Chez les
populations algéroises (cette étude), Sidi Fredj présente
un test plus aplati que celui des autres populations (Alger
Sidi Fredj < Tamentfoust < Alger Plage
Degré de perturbation du milieu
L’ensemble de ces résultats suggère une bonne corrélation
entre le biomarqueur et la contamination métallique. Ceci
a été observé dans la baie de Brest (Armorique), où les
anomalies du développement larvaire ont été reliées à
Plage et Tamentfoust). La forme du test peut également
varier selon la nature du substrat et/ou la nature du test
lui-même (Lumingas, 1994). Si l’hypothèse qu’un test
aplati permet le plus grand contact des podia avec le
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