substrat est vraie (Thompson, 1917), l’aplatissement du
test de l’oursin à Sidi Fredj, pourrait permettre à P. lividus
de mieux adhérer au substrat.
Pour l’ensemble des populations algéroises, une
diminution de la vitesse de croissance du diamètre de
la lanterne d’Aristote par rapport à celle du test a été
déterminée. Le même type de relation a été signalé pour
l’espèce Sphaerechinus granularis (Lumingas, 1994;
Soualili, 1998). Beaucoup d’oursins sont capables de
modifier la morphologie de leur lanterne en réponse à la
variation des ressources dont ils disposent. La limitation
de nourriture peut entraîner un accroissement de la taille
de cet organe masticateur pour une taille donnée du
test (Ebert, 1980; Black et al., 1982 ; 1984; Edwards &
Ebert, 1991; Levitan, 1991). Dans le cas des populations
algéroises, l’abondance de nourriture dans les trois sites
(Alger Plage, Tamentfoust et Sidi Fredj), n’entraîne pas
la nécessité d’une hypertrophie de la mâchoire. Selon
Lumingas (1994), la plasticité morphologique contribue
de manière importante à l’adaptation phénotypique, de
l’oursin à des milieux différents ou à des nourritures
différentes. Régis (1981a) relie l’aplatissement de lanterne
chez Arbacia lixula, au type de nourriture (corallinacées
encourtantes) qu’il consomme. Parmi les populations
étudiées, seule la population de Tamentfoust présente
une lanterne aplatie, alors que la nourriture disponible
(macrophytes) est la même que celle de la station proche
Alger Plage. L’aplatissement de la lanterne dans ce cas,
est à attribuer à d’autres facteurs qu’il conviendra de
préciser
En ce qui concerne la variabilité de la longueur des piquants,
ils sont plus longs et plus fins chez la population de Sidi
Fredj, comparés à ceux des deux autres populations.
Régis (1979a) a signalé des oursins avec des piquants
plus courts vivant dans un herbier à Posidonia oceanica
par rapport à ceux vivant sur un substrat rocheux. Dance
(1987) a relié ce fait à l’activité de P lividus qui serait
moindre sur un herbier à P oceanica que sur un substrat
rocheux. Ceci ne s’applique pas aux oursins de Sidi
Fredj. Ces derniers présentent des longs piquants alors
qu’ils vivent dans un herbier à Posidonies. La longueur
et la finesse des piquants de la population de Sidi Fredj,
pourraient traduire une meilleure santé des oursins dans
cette station (Guillou M, communication personnelle).
Cet allongement des piquants peut aussi indiquer la
présence dans le milieu d’une plus grande quantité de
matière nutritive en suspension. Delmas et Régis (1984) a
souligné la présence d’une population de P lividus avec un
allongement extraordinaire des piquants dans la zone de
Cortiou, soumise à une pollution complexe à dominance
domestique. L’allongement des piquants a également
été mis en évidence dans la collecte du matériel dissous
ou finement particulaire par Péquignat (1966, 1969 et
1972). Selon Régis (1978), la population de P. lividus de
l’île de Pomègues apparaît comme parfaitement adaptée
aux particularités du micromilieu, car elle «oriente» la
croissance de ses piquants dans le sens qui lui est le plus
trophiquement favorable. Pancucci et al. (1993), considère
l’allongement des piquants comme une adaptation
morphofonctionnelle à une prise plus active et plus efficace
du matériel organique abondant dissous ou en suspension
dans la colonne d’eau. Par ailleurs, Gotsis et Panyotidis
(1988) relient également la longueur des piquants à leur
rôle dans la collecte du matériel organique nécessaire
pour la nutrition et le succès de la reproduction. Si cette
hypothèse s’avère exacte la longueur des piquants des
oursins de Sidi Fredj soulignerait la présence d’un taux
important de matière organique dans le milieu et serait en
accord avec l’observation de pontes toute l’année (Soualili
et Guillou, 2009). Dans cette étude, on peut conclure
donc que les résultats relatifs aux traits de vie des
populations sont moins significatifs concernant l’effet de la
contamination sur les populations étudiées. La croissance
ne discrimine pas une population comme étant la plus
perturbée. Seule la longueur et la finesse des piquants
de la population de Sidi Fredj isolent cette population par
rapport aux deux autres.
Pour
appuyer
nos
conclusions,
des
analyses
complémentaires s’avèrent cependant indispensables
notamment: la quantification de la production primaire
dans le milieu, des nutriments dans l’eau et le sédiment,
l’extension de l’étude de nos populations d’oursins à
une plus large échelle bathymétrique, et d’une manière
générale la prise en compte de l’ensemble des paramètres
physiques mesurables dans chaque site (T°C, S%o, O2,
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