Biodiversité marine en Algérie: Crise
des taxonomistes et enjeux
de l'activité en réseau
L’élaboration d’une
stratégie nationale relative à
la conservation, à la protection et à la valorisation
de la biodiversité marine en Algérie pose diverses
problématiques souvent complexes car mettant en jeu de
nombreux acteurs dont les objectifs à court terme ne sont
pas toujours convergents. L’élaboration de cette stratégie
s’appui, également, sur quelques préalables, qu’il est
indispensable de réunir afin de se fixer des objectifs
opérationnels à moyen et à long terme.
Les enjeux de la diversité biologique marine en Algérie ne
sont pas uniquement d’ordre écologique mais ils se posent,
aussi, en terme de développement socio-économique,
notamment à l’échelle locale. En effet, les populations
littorales dont les activités dépendent directement des
produits et des métiers de la mer, en particulier de la
pêche ont tout intérêt à la conservation de l’écosystème
côtier dans sa globalité et de ses composantes les plus
productives plus particulièrement.
D’autres activités économiques reposent en partie sur
les habitats marins côtiers et littoraux ainsi que sur la
biodiversité qu’ils hébergent ; comme l’artisanat, les
loisirs et la détente, les activités sportives, le tourisme,
la gastronomie, etc. La conservation de la biodiversité
marine et côtière devient dans ces conditions devient
d’une importance stratégique. La tendance de plus en
plus marquée à la littoralisation du développement en
Algérie (urbanisation, les rejets industriels et domestiques,
extraction du sable des plages destiné à la construction)
ainsi qu’au développement des activités maritimes
(transports des hydrocarbures, les ouvrages de protection
en mer, l’extraction de granulats marins, le dessalement
des eaux marines), sont autant de facteurs de pression
qui affectent les équilibres naturels du milieu marin. Ces
activités dénaturent les propriétés physico-chimiques et
perturbent par voie de conséquence plusieurs fonctions
biologiques ainsi que des processus écologiques entiers.
Le développement des activités dans la zone littorale
s’accompagne également de rejets liquides et de dépôts
solides qui affectent la chaîne trophique marine avec pour
conséquence directe la réduction de la productivité de
l’écosystème côtier.
1. À propos de nos connaissances sur la biodiversité
marine en Algérie
La connaissance de là biodiversité marine est un préalable
à sa conservation et à sa protection. Cette connaissance
englobe les aspects qualitatifs et taxonomiques mais aussi
la compréhension des composantes les plus remarquables
ou/et les plus menacées de cette biodiversité. Pour une
maîtrise globale de cette question, il est nécessaire de
disposer d’éléments quantitatifs tels que la densité et la
fréquence d’apparition des espèces, leurs biomasses,
leur localisation et l’étendue des surfaces et des volumes
que les espèces occupent. Cette connaissance implique,
enfin, une bonne compréhension des mécanismes qui
gouvernent la structuration et l’organisation des espèces
ainsi que le fonctionnement des habitats qui les hébergent.
Actuellement, ces conditions sont loin d’être réunies et la
connaissance que nous avons de la biodiversité marine
en Algérie demeure dans une large mesure qualitative,
fragmentaire, localisée, ponctuelle mais surtout cette
connaissance n’est pas inscrite dans un cadre stratégique.
(i) Qualitative car elle porte essentiellement sur des
inventaires globaux et des listes faunistiques et floristiques,
généralement, non géoréférencées et donc à exploitation
très limitée, en particulier si ces listes devraient être
destinées à des suivis ultérieurs.
(ii) Fragmentaire car portant sur certains groupes
taxonomiques qualifiés souvent à tord comme
« majeurs » alors de pans entiers de cette biodiversité dite
« marginale » sont encore ignorés faute de spécialistes
et de moyens adaptés pour leur échantillonnage et leur
étude.
(iii) Localisés et ponctuels car les moyens matériels,
en particulier les moyens à la mer sont insuffisants et
l’exploitation des moyens disponibles n’est pas optimisée
avec un mode d’organisation et de fonctionnement non
dynamique. De plus, les ressources humaines restent
limités et sont orientées vers un nombre réduit de groupes
taxonomiques. Cette situation a fait que l’essentiel des
travaux soit concentré dans la région d’Alger- Tipaza,
d’Annaba - Tarf et d’Oran - Mostaganem.
Herbier à Posidonia oceanica.
Dans beaucoup de cas les travaux portant sur la
biodiversité marine souffrent du manque d’intégration de
ces études par rapports aux conditions du milieux et quand
cette intégration est effectuée, elle est souvent basée
uniquement sur quelques paramètres physico-chimiques
des eaux de surface et/ou de fond comme la température,
la salinité, le pH, l’oxygène dissous, la granulométrie des
sédiments. Les paramètres d’enrichissement des eaux
(MES, MOS, sels nutritifs, chlorophylle,...) ne font pas
l’objets d’analyses et d’études intenses. De même que
la contamination est rarement analysée dans les biotes
des taxonomistes et enjeux
de l'activité en réseau
L’élaboration d’une
stratégie nationale relative à
la conservation, à la protection et à la valorisation
de la biodiversité marine en Algérie pose diverses
problématiques souvent complexes car mettant en jeu de
nombreux acteurs dont les objectifs à court terme ne sont
pas toujours convergents. L’élaboration de cette stratégie
s’appui, également, sur quelques préalables, qu’il est
indispensable de réunir afin de se fixer des objectifs
opérationnels à moyen et à long terme.
Les enjeux de la diversité biologique marine en Algérie ne
sont pas uniquement d’ordre écologique mais ils se posent,
aussi, en terme de développement socio-économique,
notamment à l’échelle locale. En effet, les populations
littorales dont les activités dépendent directement des
produits et des métiers de la mer, en particulier de la
pêche ont tout intérêt à la conservation de l’écosystème
côtier dans sa globalité et de ses composantes les plus
productives plus particulièrement.
D’autres activités économiques reposent en partie sur
les habitats marins côtiers et littoraux ainsi que sur la
biodiversité qu’ils hébergent ; comme l’artisanat, les
loisirs et la détente, les activités sportives, le tourisme,
la gastronomie, etc. La conservation de la biodiversité
marine et côtière devient dans ces conditions devient
d’une importance stratégique. La tendance de plus en
plus marquée à la littoralisation du développement en
Algérie (urbanisation, les rejets industriels et domestiques,
extraction du sable des plages destiné à la construction)
ainsi qu’au développement des activités maritimes
(transports des hydrocarbures, les ouvrages de protection
en mer, l’extraction de granulats marins, le dessalement
des eaux marines), sont autant de facteurs de pression
qui affectent les équilibres naturels du milieu marin. Ces
activités dénaturent les propriétés physico-chimiques et
perturbent par voie de conséquence plusieurs fonctions
biologiques ainsi que des processus écologiques entiers.
Le développement des activités dans la zone littorale
s’accompagne également de rejets liquides et de dépôts
solides qui affectent la chaîne trophique marine avec pour
conséquence directe la réduction de la productivité de
l’écosystème côtier.
1. À propos de nos connaissances sur la biodiversité
marine en Algérie
La connaissance de là biodiversité marine est un préalable
à sa conservation et à sa protection. Cette connaissance
englobe les aspects qualitatifs et taxonomiques mais aussi
la compréhension des composantes les plus remarquables
ou/et les plus menacées de cette biodiversité. Pour une
maîtrise globale de cette question, il est nécessaire de
disposer d’éléments quantitatifs tels que la densité et la
fréquence d’apparition des espèces, leurs biomasses,
leur localisation et l’étendue des surfaces et des volumes
que les espèces occupent. Cette connaissance implique,
enfin, une bonne compréhension des mécanismes qui
gouvernent la structuration et l’organisation des espèces
ainsi que le fonctionnement des habitats qui les hébergent.
Actuellement, ces conditions sont loin d’être réunies et la
connaissance que nous avons de la biodiversité marine
en Algérie demeure dans une large mesure qualitative,
fragmentaire, localisée, ponctuelle mais surtout cette
connaissance n’est pas inscrite dans un cadre stratégique.
(i) Qualitative car elle porte essentiellement sur des
inventaires globaux et des listes faunistiques et floristiques,
généralement, non géoréférencées et donc à exploitation
très limitée, en particulier si ces listes devraient être
destinées à des suivis ultérieurs.
(ii) Fragmentaire car portant sur certains groupes
taxonomiques qualifiés souvent à tord comme
« majeurs » alors de pans entiers de cette biodiversité dite
« marginale » sont encore ignorés faute de spécialistes
et de moyens adaptés pour leur échantillonnage et leur
étude.
(iii) Localisés et ponctuels car les moyens matériels,
en particulier les moyens à la mer sont insuffisants et
l’exploitation des moyens disponibles n’est pas optimisée
avec un mode d’organisation et de fonctionnement non
dynamique. De plus, les ressources humaines restent
limités et sont orientées vers un nombre réduit de groupes
taxonomiques. Cette situation a fait que l’essentiel des
travaux soit concentré dans la région d’Alger- Tipaza,
d’Annaba - Tarf et d’Oran - Mostaganem.
Herbier à Posidonia oceanica.
Dans beaucoup de cas les travaux portant sur la
biodiversité marine souffrent du manque d’intégration de
ces études par rapports aux conditions du milieux et quand
cette intégration est effectuée, elle est souvent basée
uniquement sur quelques paramètres physico-chimiques
des eaux de surface et/ou de fond comme la température,
la salinité, le pH, l’oxygène dissous, la granulométrie des
sédiments. Les paramètres d’enrichissement des eaux
(MES, MOS, sels nutritifs, chlorophylle,...) ne font pas
l’objets d’analyses et d’études intenses. De même que
la contamination est rarement analysée dans les biotes
