Figure 3. Nombre de taxa d’invertébrés recensés dans la partie orientale de la baie et en estuaire de Seine de 1850 à 2006 (d’après Ruellet & Dauvin
(2008). Régions considérées dans la base de données CISA. Tx : masse d’ eau de transition numéro x ; BS : partie orientale de la baie de Seine ; BP :
bassins portuaires du port du Havre ; pk : point kilométrique.
Cet inventaire faisant état d’une biodiversité importante
ne doit pas occulter une ceratine dégradation
du
patrimoine naturel. En effet, 70 % des taxa ont vu leur
fréquence et 85 % leur abondance régresser entre le
début du 19ème siècle et celui du 21ème dans la zone
d’étude ; les signalisations traduisent de plus la présence
de taxa rares ou correspondent à des taxa peu étudiés.
Outre, la diversité des niches écologiques facteurs
d’enrichissement en habitats et en espèces, liée en partie
à la forte intervention humaine, un autre facteur explicatif
de cette importante biodiversité spécifique tient aux
espèces introduites arrivées par les eaux de ballasts ou
en raison de la construction de canaux établissant une
connexion depuis la mer Caspienne jusqu’à l’Atlantique.
Dans les eaux douces, plusieurs espèces d’amphipodes
du genre Gammarus, la moule zébrée (la Dreissena)
et deux espèces de bivalves du genre Corbicula, C.
fluminalis et C. fluminea, ou la polychète Hypania invalida
sont venues s’établir récemment (Brancotte et Vincent,
2002). La dernière arrivée est la crevette Palaemon
macrodactylus qui vient en compétition avec l’espèce
autochtone P. longirostris (Dauvin, 2010).
En domaine marin, le couteau américain Ensis directus
colonise les petits fonds de la baie de Seine orientale
depuis sa première récolte en 1998 entre Le Havre et
Antifer (Dauvin et al., 2007).
Comme le souligne Breton (2005), il est remarquable de
constater l’importance du stock d’espèces allochtones
dans le port du Havre (Breton et Vincent, 1999 ;
Breton et al., 2005). Leur origine est majoritairement le
Pacifique Nord-Est, notamment le Japon alors que leur
période d’introduction peut être très diverse. Ainsi a été
introduit à la fin du 19ème siècle le cnidaire Haliplanella
lineata, puis les crustacés Balanus amphitrite et Eriocher
sinensis dans les années 1930-1940. Depuis, d’autres
se sont ajoutés à la liste (Breton, 2005), notamment le
gastéropode Crepidula fornicata, l’ascidie Styela clava,
le crabe sanguin Hemigrapsus sanguineus et le crabe à
pinceau Hemigrapsus takanoi. Les communautés algales
du port du Havre n’échappent pas non plus à l’arrivée de
nouvelles espèces, comme la Sargassum muticum qui
s’installe dans les années 1970 et Undaria pinnatifida
dans les années 1990 (Breton, 2005).
Certaines espèces sont réputées pour leur explosion
démographique comme la serpule Hydroides ezoensis
qui a été observée la première fois au cours de l’été 1996
(Breton et Vincent, 1999) avec une population composée
d’individus rares et disséminés le long de quelques quais.
Dans le courant de l’été 1997, l’espèce a connu un fort
recrutement qui s’est transformé dès l’automne en une
colonisation massive du quai déjà occupé mais aussi
d’autres quais des bassins à flot (Breton et Vincent, 1999).
De même, la sinascidie Didemnum vexillum (ascidie
coloniale encroûtante) a été rencontrée la première fois
en décembre 1998 formant une population dense mais de
petite taille ; dix mois plus tard, cette population recouvrait
toute la hauteur d’un quai sur plus de 100 m de longueur
(Breton, 2005). Al’instar des invertébrés, certaines espèces
de macrophytes sont exotiques, voire envahissantes,
comme la jussie Ludwigia grandiflora qui peut occuper
de grandes superficies, notamment dans un affluent
de la Seine en eau douce l’Eure (Cornier et Hendoux,
2006). Cependant, 20 % de la flore aquatique recensée
est considérée comme d’intérêt patrimonial. De plus, il
existe encore, dans l’estuaire de la Seine, d’importantes
populations menacées d’extinction recensées dont on ne
connaissait plus la présence : le Potamot, la Scirpe et le
Séneçon des marais. Ceci illustre comme dans le cas des
invertébrés que nous avons encore une connaissance
partielle de la richesse biologique de l’estuaire (Cornier et
Hendoux, 2006).
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(2008). Régions considérées dans la base de données CISA. Tx : masse d’ eau de transition numéro x ; BS : partie orientale de la baie de Seine ; BP :
bassins portuaires du port du Havre ; pk : point kilométrique.
Cet inventaire faisant état d’une biodiversité importante
ne doit pas occulter une ceratine dégradation
du
patrimoine naturel. En effet, 70 % des taxa ont vu leur
fréquence et 85 % leur abondance régresser entre le
début du 19ème siècle et celui du 21ème dans la zone
d’étude ; les signalisations traduisent de plus la présence
de taxa rares ou correspondent à des taxa peu étudiés.
Outre, la diversité des niches écologiques facteurs
d’enrichissement en habitats et en espèces, liée en partie
à la forte intervention humaine, un autre facteur explicatif
de cette importante biodiversité spécifique tient aux
espèces introduites arrivées par les eaux de ballasts ou
en raison de la construction de canaux établissant une
connexion depuis la mer Caspienne jusqu’à l’Atlantique.
Dans les eaux douces, plusieurs espèces d’amphipodes
du genre Gammarus, la moule zébrée (la Dreissena)
et deux espèces de bivalves du genre Corbicula, C.
fluminalis et C. fluminea, ou la polychète Hypania invalida
sont venues s’établir récemment (Brancotte et Vincent,
2002). La dernière arrivée est la crevette Palaemon
macrodactylus qui vient en compétition avec l’espèce
autochtone P. longirostris (Dauvin, 2010).
En domaine marin, le couteau américain Ensis directus
colonise les petits fonds de la baie de Seine orientale
depuis sa première récolte en 1998 entre Le Havre et
Antifer (Dauvin et al., 2007).
Comme le souligne Breton (2005), il est remarquable de
constater l’importance du stock d’espèces allochtones
dans le port du Havre (Breton et Vincent, 1999 ;
Breton et al., 2005). Leur origine est majoritairement le
Pacifique Nord-Est, notamment le Japon alors que leur
période d’introduction peut être très diverse. Ainsi a été
introduit à la fin du 19ème siècle le cnidaire Haliplanella
lineata, puis les crustacés Balanus amphitrite et Eriocher
sinensis dans les années 1930-1940. Depuis, d’autres
se sont ajoutés à la liste (Breton, 2005), notamment le
gastéropode Crepidula fornicata, l’ascidie Styela clava,
le crabe sanguin Hemigrapsus sanguineus et le crabe à
pinceau Hemigrapsus takanoi. Les communautés algales
du port du Havre n’échappent pas non plus à l’arrivée de
nouvelles espèces, comme la Sargassum muticum qui
s’installe dans les années 1970 et Undaria pinnatifida
dans les années 1990 (Breton, 2005).
Certaines espèces sont réputées pour leur explosion
démographique comme la serpule Hydroides ezoensis
qui a été observée la première fois au cours de l’été 1996
(Breton et Vincent, 1999) avec une population composée
d’individus rares et disséminés le long de quelques quais.
Dans le courant de l’été 1997, l’espèce a connu un fort
recrutement qui s’est transformé dès l’automne en une
colonisation massive du quai déjà occupé mais aussi
d’autres quais des bassins à flot (Breton et Vincent, 1999).
De même, la sinascidie Didemnum vexillum (ascidie
coloniale encroûtante) a été rencontrée la première fois
en décembre 1998 formant une population dense mais de
petite taille ; dix mois plus tard, cette population recouvrait
toute la hauteur d’un quai sur plus de 100 m de longueur
(Breton, 2005). Al’instar des invertébrés, certaines espèces
de macrophytes sont exotiques, voire envahissantes,
comme la jussie Ludwigia grandiflora qui peut occuper
de grandes superficies, notamment dans un affluent
de la Seine en eau douce l’Eure (Cornier et Hendoux,
2006). Cependant, 20 % de la flore aquatique recensée
est considérée comme d’intérêt patrimonial. De plus, il
existe encore, dans l’estuaire de la Seine, d’importantes
populations menacées d’extinction recensées dont on ne
connaissait plus la présence : le Potamot, la Scirpe et le
Séneçon des marais. Ceci illustre comme dans le cas des
invertébrés que nous avons encore une connaissance
partielle de la richesse biologique de l’estuaire (Cornier et
Hendoux, 2006).
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