L'ANTHROPISATION EST-IL UN
FACTEUR D'ACCROISSEMENT
DE BIODIVERSITÉ ?
CAS DE L'ESTUAIRE DE LA
SEINE (CÔTES FRANÇAISES DE
LA MANCHE)
dynamique Continentale et Côtière
2C, 2-4 rue des Tilleuls, F-14000
Introduction
i
Les estuaires européens sont soumis à une forte
anthropisation depuis le début de l’ère industrielle au milieu
du 19ème siècle : aménagement à des fins de la navigation,
détérioration de la qualité des eaux et réduction des
surfaces des habitats naturels... Ces espaces sont souvent
décrits comme des milieux progressivement appauvris
face à ces contraintes humaines. Mais qu’en est-il
double besoin ‘fournir les connaissances nécessaires à
la compréhension du fonctionnement de l’écosystème
estuarien’ et ‘développer des outils nécessaires aux
prises de décision des acteurs locaux dans l’optique d’une
restauration de la qualité des eaux de la Seine et d’une
préservation des milieux naturels de la vallée’. Quinze
années après ces deux objectifs sont encore d’actualité ;
il peut cependant y être adjoint un troisième ‘établir des
scénarios d’évolution à long terme permettant d’anticiper
les changements globaux du système estuarien’.
Le but de cette note est de mettre l’accent sur trois
principaux points. Le premier est de décrire les contraintes
naturelles et anthropiques auxquelles sont soumises les
espèces et les communautés animales et végétales en
estuaire. Le deuxième est de montrer qu’en dépit de la
lente dégradation de la qualité de l’écosystème estuarien
depuis 150 ans, le bilan actuel du patrimoine biologique
montre une situation satisfaisante même s’il existe des
signes préoccupants de réduction de certains habitats de
haute valeur patrimoniale. Enfin, depuis deux décennies,
l’amélioration de la qualité du milieu, la préservation de
grands espaces naturels et la prise de conscience de
la nécessité de gérer de façon globale l’estuaire et de
mener des actions volontaristes de restauration de ses
fonctionnalités biologiques illustrent quelques raisons
d’espérer.
Figure 1. Localisation de l’ estuaire de la Seine et des principaux lieux cités dans le texte.
exactement ? Assistons-nous à une érosion de la diversité
spécifique? Assistons-nous à une érosion du nombre du
nombre d’habitats et de communautés ? Assistons-nous à
une perte des fonctionnalités estuariennes ?
Les informations fournies ici se basent sur des résultats
du programme scientifique Seine-Aval mis en place en
1995. A l’origine, les objectifs étaient de répondre à un
1. L’estuaire de la Seine en quelques mots
L estuaire la Seine s’étant sur une longueur de plus
de 160 km de son embouchure à Poses en Amont de
Rouen (Figures 1 et 2), le débit du fleuve à Poses est
relativement faible (410 m3.s1) avec des crues automnales
ou hivernales dépassant 2200 m3.s1 et des étiages avec
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