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Tous les noms de cette légende des Tuamotu
sont purement polynésiens. Vatea (ou Atea),
Tane et Tangaroa font partie du panthéon des
principaux dieux polynésiens. Le thème, pourtant, rappelle étrangement la légende biblique
du déluge universel punissant les hommes de
leurs péchés, le vaisseau de Rata (qui est également un personnage célèbre des légendes polynésiennes) remplaçant l’arche de Noé. Ce texte
pourrait être le résultat d’une interprétation
adaptée de la Bible, que les missionnaires auraient
propagé avec ardeur dans presque toutes les
îles d’Océanie. Cela est fort possible. Pourtant,
l’explorateur français Caillot, qui copia ce texte
sur l’île Hao, remarque dans son ouvrage sur
la Polynésie que des légendes similaires existent
sur les autres îles de l’archipel de Tuamotu.
Ces légendes, selon les autochtones, sont très
anciennes et étaient racontées avant l’arrivée
des Européens. Caillot ajoute que la légende de
l’île Hao et d’autres histoires ayant trait au
déluge contiennent un grand nombre de mots
que les indigènes ne comprennent plus actuellement, car ces mots sont des archaïsmes qui sont
sortis de l’usage de la langue.
L’explication la plus plausible serait que les
insulaires possédaient de vieilles légendes relatives à une grande inondation des terres. Les
prêtres, qui forment une caste fermée dans les
Tuamotu comme dans les autres îles de la Polynésie, prirent connaissance des croyances chrétiennes et ils décidèrent d’adapter leurs propres
croyances au schéma biblique traditionnel, ce
qui leur permettait d’affirmer que la Bible et
les légendes des ancêtres évoquent les mêmes
faits et que les missionnaires n’ont fait que confirmer les dires des anciens.
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