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teur de 20,9 mètres; la tête de ce géant mesure
11 mètres et son nez — quatre mètres de long.
Le plus étonnant est que les constructeurs, non
contents de tailler une idole géante dans une
pierre très dure et difficile à travailler, de la
transporter sur le rivage de l’océan et de la
dresser sur un socle colossal (dont l’édification
exigeait elle aussi des efforts titanesques), jugeaient nécessaire de surmonter la tête des idoles
d’une sorte de chapeau — énorme cylindre de
pierre — le poucao. Il avait été taillé dans
une autre carrière, plus petite et située au centre
de l’île, seul endroit où l’on trouvait le tuf rouge
utilisé pour les ornements des statues. Tous les
chapeaux devaient être, semble-t-il, de couleur
rouge.
Ces couvre-chefs sont taillés exactement à la
mesure de leurs « propriétaires ». Une des statues
arborait un chapeau de 2,7 mètres de diamètre
sur 2 mètres de haut. On a trouvé, dans la carrière de « chapellerie », un poucao de plus de
3 mètres de diamètre et de 2,5 mètres de haut,
pesant 30 tonnes !
Il est difficile d’imaginer comment les habitants de l’île, qui ne disposaient ni de grues, ni
de bêtes de somme, ni même d’outils en fer
ou en bronze, ont pu exécuter ce que les premiers
visiteurs de l’île de Pâques eurent chance de
contempler. Et pourtant ces géants de pierre
dressés sur leurs plates-formes et surmontés de
lourds chapeaux, bien que connus du monde
entier, ne sont pas l’unique énigme que pose aux
savants ce minuscule îlot de terre perdu dans le
Grand océan.
La nécessité de fixer la parole par un système
d’écriture n’appartient qu’aux formes civilisées
de la société. Les tribus primitives se contentent
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