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graphes, les anthropologues, les géologues, les
folkloristes et les ethnologues disposaient encore
de fort peu de documentation. La découverte
scientifique de l’Océanie n’en était qu’à ses
débuts. Au fur et à mesure de l’apparition de
données nouvelles la Pacifide devint l’objet de
nouvelles hypothèses.
En 1865, le naturaliste anglais Alfred Wallace,
disciple de Darwin, publia un ouvrage consacré
à l’origine des populations de l’Océanie. Wallace
démontrait que les aborigènes australiens, les
Papous de Nouvelle-Guinée, les Mélanésiens à
la ’peau très sombre et les Polynésiens à la peau
plus claire seraient tous descendants d’une race
unique « océanienne », qui aurait habité un
grand continent englouti aujourd’hui dans l’océan
Pacifique. L’opinion de Wallace était soutenue par un autre savant éminent du XIXe siècle,
l’évolutionniste Thomas Huxley.
Les vues des biologistes et des anthropologues
coïncidaient avec certaines théories des géologues. Seulement ces derniers faisaient remonter le
moment de la disparition du continent sous les
eaux du Pacifique à une époque plus lointaine,
alors que l’homme n’était pas encore apparu sur
la terre. Le géologue français E. Hogue estime
que la partie centrale du Pacifique était occupée
par un vaste continent qui commença à disparaître à l’ère mésozoïque, soit il y a de 100 à
200 millions d’années. Le géologue allemand
H. Hallier soutint cette hypothèse et le géologue
russe Loukachévitch établit même en 1911 toute
une série de cartes de la Pacifide, indiquant tous
les changements que subirent les terres avant de
s’enfoncer définitivement et de disparaître sous
les eaux de l’océan Pacifique. Au début des
années vingt, deux livres paraissent presque
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