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l’Océanie se demandaient déjà comment les
habitants de ces îles et archipels, séparés parfois
par des milliers de kilomètres d’étendues marines, avaient pu les atteindre et s’y établir.
Au XVIe siècle, le navigateur portugais au
service de l’Espagne Quieroz tenta de résoudre
l’énigme du peuplement des îles de l’Océanie;
selon lui ces îles seraient les restes d’un immense
continent situé dans l’océan Pacifique et les
populations indigènes descendraient des habitants de ce continent. Cette opinion fut partagée
par de nombreux navigateurs. Parmi les plus
chauds partisans de l’hypothèse d’un continent
englouti, la Pacifide, il convient de nommer deux
grands explorateurs de l’Océanie, le célèbre navigateur français Dumont d’Urville et son compatriote, Morengo, grand folkloriste de l’Océanie.
Dumont d’Urville fournit des données comme
quoi l’Amérique et l’Asie auraient été autrefois
réunies par une grande étendue continentale.
Les îles volcaniques d’Océanie, les îles Hawaii,
par exemple, seraient les sommets des chaînes
montagneuses qui surmontaient un continent
aujourd’hui englouti, mais habité jadis par une
nombreuse population d’nn haut niveau de culture dont les derniers représentants, considérablement dégénérés, habitent aujourd’hui dans
les îles et les îlots océaniens. Morengo apporta
au crédit de cette théorie des données tirées du
folklore, suivant lesquelles l’océan Pacifique
aurait été le théâtre d’une formidable catastrophe
au cours de laquelle de grandes superficies auraient été inondées et d’innombrables victimes
auraient péri.
Dnmont d’Urville et Morengo firent connaître
leurs hypothèses au public dans la première
moitié du XIXe siècle. A cette époque les océano­
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