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Les spécialistes de l’Inde pensent que le culte
de Çiva a « regroupé » une grande quantité d’anciennes croyances professées par la population
autochtone avant que l’Inde ne soit envahie par
les Aryas nomades, créateurs des hymnes et
des dieux védiques. Les fouilles opérées dans
les villes protoindiennes ont démontré que les
adorateurs de Çiva considéraient à juste raison
leur Dieu comme « plus ancien que les Vedas ».
En effet les Protoindiens vénéraient une divinité
qui sans conteste a servi de prototype au Çiva
des hindouistes.
Suivant les spécialistes une des images les
plus remarquables des ^sceaux protoindiens est
celle qui représente une divinité à plusieurs visages entourée d’animaux. Ce personnage sacré
est assis sur un trône, les jambes croisées dans
une des positions du yoga, ce qui signifierait
que le yoga était pratiqué en Inde bien avant
Patandjali, considéré comme l’auteur de la
théorie des yogis et que le titre de « Yogeshvar»,
ou « maître du yoga » que les adorateurs de
Çiva décernent à leur dieu, est parfaitement
justifié. Les bras de la divinité sont ornés de
bracelets, sa tête est surmontée d’un couvrechef étrange en forme d’éventail et couronné
de cornes de buffle. La divinité est entourée
d’un éléphant, d’une tigresse, de deux antilopes, d’un rhinocéros et d’un buffle.
L’archéologue anglais John Marshall qui dirigea les fouilles à Mohenjo-Daro a établi que cette
image représentait Çiva sous la forme de Pashupati, le «maître des animaux ». « 11 y a longtemps
déjà, dit Marshall, que fut émise la supposition
que le culte de Çiva serait l’un des plus anciens
de l’Inde, remontant à la préhistoire; l’interprétation donnée ici de la figure ornant un sceau-
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