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posé, une petite île près d’Aden que les Arabes
nomment « Abou-Haban » ou « Père-Serpent ».
L’égyptologue soviétique E. Maximov, auteur
de la toute dernière traduction du conte en russe
estime qu’il est impossible de situer l’île du conte,
même approximativement, étant donné qu’il s’agit
« d’un lieu pourvu de tous les attributs habituels
de la terre promise, d’une île paradisiaque des
bienheureux où les hommes ont toujours essayé
de pénétrer en pensée et parfois en fait ».
Vous vous souvenez probablement que les habitants de la Mésopotamie avaient attribué tous les
caractères d’une terre promise au Dilmun. Qu’un
pays soit décrit en termes fabuleux, ne signifie
pas obligatoirement que ce pays soit imaginaire.
La description de l’île « engloutie sous les flots »
nous oblige à revoir le problème d’un point de
vue différent de celui adopté par les égyptologues
et les folkloristes. Ne faut-il pas considérer que
dans le Conte du Naufragé se reflète, sous une forme littéraire, l’engloutissement dans les flots de
l’océan Indien d’une île ou d’une terre étendue
ayant réellement existé?
Nous trouvons, dans certains documents antiques, d’autres informations relatives à l’existence
d’îles-Etats habitées et fabuleusement riches dont
la structure sociale diffère de celle du monde antique. Ce sont, en premier lieu, l’île du Soleil et les
îles Panhaï situées dans l’océan Indien. L’île du
Soleil nous est connue d’après l’œuvre de Diodore
de Sicile, La bibliothèque historique dont le deuxième livre mentionne un certain lambulus, qui fut
amené sur cette île par des Ethiopiens après quatre
mois de navigation dans des eaux tempétueuses.
Le périmètre de l’île était de près de 5 000 stades
(soit environ 1 000 kilomètres). Elle se trouvait
près de l’Equateur car « le jour y dure toujours
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