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peuples du Proche-Orient adoptèrent l’écriture
cunéiforme de Mésopotamie; l’alphabet grec
servit de base au copte, au slavon et à l’étrusque;
au Japon, on a d’abord utilisé l’écriture chinoise.
N’est-il pas possible que les Egyptiens aient,
eux aussi, emprunté leur écriture à un autre
peuple?
De nombreux hiéroglyphes égyptiens rappellent les caractères de l’écriture jadis en usage dans
l’île de Crête. Cependant la civilisation crétoise
est plus récente que celle de l’Egypte. S’il y eut
emprunt, il est beaucoup plus probable que l’écriture égyptienne ait exercé une influence sur celle
de Crête, et non l’inverse. Par contre, l’écriture
est apparue plus tôt dans la vallée du Tigre et de
l’Euphrate que dans la vallée du Nil. Il est frappant que les signes des anciennes écritures de Mésopotamie ne ressemblent en rien aux hiéroglyphes
égyptiens, qui reflètent uniquement la faune et la
flore purement locales, les dieux et les traits caractéristiques de la culture des anciens Egyptiens.
Entre l’écriture hiéroglyphique et les arts plastiques des Egyptiens existe un lien facile à discerner, à savoir un même style, une même conception du monde, un univers matériel et spirituel
commun. L’écriture hiéroglyphique est l’émanation même de la civilisation égyptienne. Comment se fait-il, pour reprendre les paroles de Touraïev, que dès l’époque des pyramides, les Egyptiens possédaient déjà des oeuvres poétiques, littéraires, scientifiques et juridiques, sans qu’il
soit possible de trouver une seule trace de la formation de leur écriture? Il faut avouer que nous
ne possédons pas de réponse convaincante à cette
question.
D’ailleurs l’apparition de l’écriture n’est pas
la seule énigme que pose la civilisation égyptienne,
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