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égyptienne à la haute civilisation qui lui succéda.
Prenons, par exemple, l’écriture hiéroglyphique
des Egyptiens.
L’écriture est un des principaux attributs de
la civilisation. Les tribus et les peuplades qui
vivent à l’âge de pierre n’en ont pas besoin. Il
leur suffit d’avoir une « langue de dessins », une
pictographie. C’est la création de l’Etat qui rend
l’écriture indispensable pour reproduire les mythes, les chroniques, les traditions et surtout en
vue de comptabilité et de règlements économiques
ou administratifs. En étudiant la Mésopotamie
et la Chine ancienne, il est possible de discerner
avec quelle lenteur progressive et quelles difficultés la « langue de dessins » se transforme en
véritable écriture, comment les pictogrammes se
transforment en signes conventionnels. Mais en
Egypte nous ne voyons rien de semblable. Les
archéologues ont rencontré une multitude de peintures rupestres dans la vallée du Nil. La « langue
des dessins » était parfaitement connue des anciens Egyptiens. Le nombre des documents égyptiens écrits est très grand. Et malgré tout il n’a
pas été possible, jusqu’à maintenant, de découvrir le « chaînon manquant » et de montrer, comment les signes-images sont devenus des signes
d’écriture.
Les ardoises trouvées dans les villes les plus
anciennes de l’Egypte sont couvertes de pictogrammes et de dessins représentant des scènes.
Il s’agit encore d’une pictographie, c’est-àdire d’une expression à l’aide de dessins. Les
textes plus récents présentent une écriture déjà
élaborée et d’une perfection telle que les habitants de la vallée du Nil purent l’utiliser pratiquement sans modification durant plus de 3 000
ans.
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