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zone tropicale — vraisemblablement sur un vaste
continent englouti aujourd’hui dans l’océan Indien — une race des singes anthropoïdes qui
avaient atteint un développement particulièrement
élevé », écrit Friedrich Engels dans son ouvrage
Le rôle du travail dans la transformation du singe
en homme.
Engels se basait sur les travaux de Darwin,
d’Huxley et d’autres grands savants du XIXe
siècle, qui ont fondé les sciences naturelles et l’anthropologie moderne. Thomas Huxley, disciple
de Darwin, fortement intéressé par les problèmes
sur l’origine de l’humanité (nous l’avons mentionné à propos de l’origine des Tasmaniens), avait
émis la supposition que la naissance de Vhomo
sapiens avait eu lieu sur un continent disparu par
la suite, la Lémurie. Les vues de Huxley étaient
partagées, ainsi qu’il ressort des lignes citées
plus haut, par Friedrich Engels qui suivait attentivement toutes les nouvelles conquêtes de la science contemporaine, depuis les mathématiques jusqu’à la paléoanthropologie. L’hypothèse de Huxley fut reprise et élargie par un autre grand savant
du XIXe siècle, Ernest Haeckel.
Haeckel, sur la base du matériel traitant des
origines de l’homme dont disposait la science de
l’époque, en tira la conclusion qu’il existait une
continuité dans la chaîne évolutive qui faisait
remonter Vhomo sapiens aux singes anthropoïdes :
il manquait un chaînon indispensable, une espèce
intermédiaire entre l’homme et le singe. Haeckel
appela cette espèce « pithécanthrope » ou « singehomme ». D’après Haeckel, ces représentants du
« chaînon manquant » habitaient la Lémurie,
d’où ils émigrèrent vers le nord-est, en Hindoustan et dans l’Asie du Sud-Est et vers l’ouest, en
Afrique,
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