11
plus ancien. Grâce à la découverte de méthodes
permettant de déchiffrer les textes anciens, les
savants peuvent désormais étudier l’évolution
du grec sur plus de trente siècles, car la langue
grecque fut gravée sur des tablettes de terre
glaise datant de mille ans avant Homère! L’histoire des langues égyptienne et akkadienne couvre un laps de temps égal. On a découvert des
ramifications entières de langues indo-européennes, à l’heure actuelle totalement disparues et
de nouvelles familles de langues comme celle
des Hourrites-ourartéens, qui étaient parlées
dans les puissants Etats de l’Orient Antique de
Mitanni et d’Ourartou. L’historien utilise largement les textes anciens, étudie les données fournies
par le lexique des langues sœurs... Mais, que faire
quand il manque de textes et de lexique? Il
s’avère pourtant qu’il peut alors espérer les secours
d’une science nouvelle, née du rapprochement de
l’histoire, de la linguistique et de la géographie.
Cette science, c’est la toponymie. Les noms des
villes, des localités, des montagnes et surtout
des fleuves survivent à la disparition des Etats,
des peuples et des langues; ce n’est pas sans
raison que ces noms sont parfois considérés comme
de l’histoire inscrite sur la carte! Les noms des
fleuves comme le Don, le Dniepr, le Danube, le
Dniestr, le Donets démontrent qu’il y eut une
époque où les territoires sud-est de l’Europe
et des environs de la mer Noire étaient habités
par les Scythes, car dans leur langue le mot
« don » signifie eau ou rivière.
La toponymie aide les savants d’aujourd’hui
dans des domaines qui pourraient sembler très
connus comme, par exemple, l’histoire du monde
antique. En effet, il s’est avéré que les habitants
les plus anciens de la Grèce et des îles de la mer
Précédent

- 12/336

Suivant