Ill
(le chien fait partie des ressources alimentaires
des Polynésiens, ce qui est fréquent chez les
peuples de l’Asie du Sud-Est). Pourtant le chien
n’existait pas dans les îles Marquises: les porcs
ne se trouvaient ni en Nouvelle-Zélande, ni sur
les îles Cook; sur l’île de Pâques la poule était
le seul animal domestique. La patate douce,
koumara en polynésien, est l’aliment de base
des insulaires. Pourtant la patate douce était
ignorée des habitants de Samoa ainsi que de ceux
des îles Cook. Des exemples d’absences de ce
genre se rencontrent en grand nombre.
Sur. le plan culturel les disparités sont encore
plus grandes entre les îles de la Polynésie.
L’écriture n’existait que sur l’île de Pâques, les
ornements en lignes courbes ne sont utilisés
que par les Maoris de Nouvelle-Zélande, etc.
Sharp en déduit que les contacts entre Polynésiens ne purent avoir qu’un caractère irrégulier,
et que la Polynésie est un ensemble de mondes
refermés sur eux-mêmes, inaccessibles et qui
n’ont pu être découverts qu’au cours de migrations fortuites.
Un grand nombre de spécialistes de la civilisation polynésienne et d’historiens des découvertes géographiques se prononcèrent contre les
conclusions de Sharp : le scepticisme du savant
néo-zélandais leur paraît sans fondement. Nous
n’entrerons pas dans la discussion orageuse qui
suivit la parution du livre de Sharp. Nous nous
contenterons de remarquer que l’éminent océanographe soviétique N. Zoubov indiqua une troisième possibilité du peuplement des îles polynésiennes : non pas par des expéditions planifiées comme le pensait Hiroa, ni par les découvertes invoquées par Sharp, mais par des voyages
effectués en suivant des chapelets d’îles aujour-
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