C'est presque un monument historique : la
boîte aux lettres de l'île San Cristobal, où les
flibustiers et les baleiniers venaient déposer
ou chercher leur courrier.
rôle, mais leur attachement dépend d’abord de l’amour que nous éprouvons
pour les animaux. Les iguanes m’ont accepté parce que dès le début je me
suis montré bienveillant avec eux. Quand je me suis installé ici alors qu’ils
étaient les premiers occupants, j’aurais pu les chasser brutalement. Je ne
l’ai pas fait. Ils ont compris que j’étais simplement un habitant de plus et
nous avons offert aux Galapagos un exemple supplémentaire de cet accord
entre les espèces qui paraît bien être une des lois de notre archipel.
Et me montrant le plus grand de tous les iguanes, il me dit :
— Il y a quinze ans que celui-là vit avec nous. C’est le plus vieux.
Pensez-vous que si nous nous étions montrés maladroits ou brutaux avec
lui, il serait encore là ?
La maison d’Angermeyer, avec ses iguanes marins, le perroquet de sa
belle-mère et ses enfants, représente pour chaque nouvel arrivant un lieu
d’accueil, un asile d’amitié qui devrait servir d’exemple au monde entier.
L'ennemi
Quand j’ai quitté Angermeyer, le plus vieux des iguanes, un animal
tout noir, était installé sur le beau canapé du salon. C’était pour moi l’image
même de ce qui se passe aux Galapagos où homme et animal peuvent vivre
chacun pour soi dans un milieu commun à condition de se montrer tolérant
et de faire preuve de respect les uns vis-à-vis des autres.
Ces îles enchantées que William Beebe, le grand naturaliste, appelait
« les îles de la fin du monde », représentent un lieu exceptionnel où l’homme
et l’animal peuvent vivre sans se nuire simplement parce que l’homme y est
Précédent

- 94/305

Suivant