70 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
L’équipe n’avait plus qu’à transporter tout son matériel, tout l’équipement cinématographique, en faisant l’ascension de ces murs de lave. Entre
les rochers, la lutte pour l’emplacement des nids se révèle d’une grande
âpreté. Dès qu’une femelle creuse son trou, une autre femelle accourt et
trop paresseuse pour creuser elle-même la terre, elle se lance à l’attaque
pour s’emparer du nid déjà fait. La lutte se déroule front contre front, mais
elle n’est pas très sévère. L’intimidation y joue un grand rôle ; les deux
femelles se poussent l’une contre l’autre, leurs têtes s’entrechoquent, deux
crânes durs comme de la lave semblent rivés l’un à l’autre : une véritable
joute de dragons. Mais les adversaires n’ont recours ni à leurs griffes ni à
leurs dents.
L’équipe a pu filmer l’arrivée d’un mâle qui entreprenait de séparer
les deux combattantes et qui semblait donner à la dernière venue l’ordre
de cesser cette agression et d’aller pondre ailleurs. En tout cas il réussit à
interrompre le combat et la femelle resta la seule occupante du nid qu’elle
avait creusé.
Après plusieurs jours d’observation, nos amis s’aperçurent que les
iguanes passaient une partie de leur temps à se chamailler. Non seulement
entre femelles pour trouver des endroits favorables, mais aussi entre mâles
pour la possession des femelles. Les mâles semblent toujours prêts à intervenir dans toutes les bagarres en cours, sans doute pour assurer leur autorité.
Mais les affrontements consistent surtout à hocher la tête d’un air menaçant,
à se balancer sur ses pattes antérieures plutôt qu’à se jeter l’un sur l’autre.
Pourtant des combats se produisent parfois et des animaux sont assez
souvent blessés.
Le nid que creusent les femelles et qui est profond de 30 à 40 centimètres, a la forme d’un tunnel dans lequel les futures mères font glisser
leurs œufs. Ces œufs sont mous, sans coquille, et l’éclosion a Heu deux
mois plus tard à condition que les serpents qui représentent les plus grands
dangers pour l’espèce, ne les aient pas dévorés.
Pendant tout le temps où les femelles veillent sur leurs œufs, elles ne
les voient jamais : elles ne regardent pas dans le tunnel qui les abrite, mais
en revanche, elles y engagent leur queue et c’est d’une manière purement
tactile qu’elles s’assurent en permanence de la présence de leurs œufs. Si
on remplace l’un d’eux par une balle de golf, elles reprennent leur place
sans manifester. Mais si on leur enlève leurs œufs, elles ne cachent pas
leur fureur et elles s’en vont en crachotant.
Il n’est pas certain que les iguanes aient la conception d’un territoire
et la volonté de le défendre. Ces animaux très grégaires vivent accolés les
uns aux autres. Il ne semble pas qu’ils se Hvrent à des batailles pour la
Précédent

- 71/305

Suivant