40 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
sinueuses tantôt hostiles se dressaient tout autour du camp des blocs qui
semblaient avoir été posés là par une grue géante. Et tout ce volcanisme
encadrait une mince langue de sable qui était vraiment couleur d’or.
Lorsque nos camarades, après avoir déployé de durs efforts pour
dresser la tente et mettre à l’abri tout le matériel, eurent enfin le loisir de
s’asseoir, ils s’aperçurent qu’ils étaient environnés d’animaux.
L’amitié des otaries
Les plus proches étaient les otaries. Les poils lisses et dorés par le
soleil couchant, elles faisaient des mines et des grâces, ployaient leur cou,
s’allongeaient sur le sable, tendant vers les hommes un museau pointu, une
tête ronde et leur dédiant des regards plutôt tendres que curieux.
Depuis longtemps, au cours des croisières de la Calypso, nos plongeurs
avaient lié amitié avec les otaries. Deux d’entre elles, Pepito et Cristobal,
capturées au cap de Bonne-Espérance, avaient même vécu plusieurs mois
à bord et s’étaient baignées avec nous en toute liberté en pleine mer.
Nous savions donc que chaque otarie avait son caractère personnel,
ses habitudes et ses caprices. Cette expérience a permis à l’équipe de l’île
Hood de vivre vraiment en communauté avec ces animaux qui avaient fait
de la plage où s’élevait le campement leur territoire. A aucun moment,
elles ne songèrent à fuir l’emplacement où nos amis s’étaient installés. Elles
vivaient avec eux, dormaient à côté d’eux. On pouvait s’approcher d’elles,
les caresser, elles se laissaient faire. Ces animaux sont des êtres tactiles, leur
peau est très sensible et c’est en les flattant de la main qu’on peut vraiment
entrer en communication avec eux.
Je crois que le trait le plus marquant des otaries des Galapagos est leur
insouciance et leur plaisir de vivre. Cela se traduit par des jeux incessants,
surtout de la part des femelles qui se sont montrées extrêmement confiantes
et curieuses.
Les otaries de l’île Hood sont insouciantes parce que la mer est très
poissonneuse, qu’elles n’ont aucune difficulté à se procurer leur nourriture
et qu’elles n’ont à redouter que très peu d’ennemis : leur agilité leur permet
souvent de se jouer des requins qui à cet endroit ne sont d’ailleurs pas
tellement nombreux.
C’est dans l’eau qu’il fallait les voir. Elles n’étaient jamais si heureuses
que lorsqu’elles pouvaient partager avec les plongeurs le bain du matin.
C’était toujours les femelles qui venaient les premières se frotter aux nageurs.
Précédent

- 41/305

Suivant