140 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
tance dont il était impossible d’évaluer l’épaisseur. S’il y avait une chaîne
d’or, elle était depuis longtemps profondément enfoncée dans cette vase et
il aurait fallu une chance extraordinaire pour qu’un plongeur mette la main
dessus. Chaque fois que l’un de nous entreprenait de tâter cette boue, il en
montait un nuage qui nous aveuglait et il fallait laisser passer la journée
pour y voir de nouveau clair.
Un autre obstacle s’opposait à toute recherche : une végétation très
dense qui poussait sur certains fonds du lac. C’était assez impressionnant.
Ces sous-bois aquatiques très sombres n’étaient pas formés de « totoras »
mais d’algues d’eau douce, à la fois molles et serrées. Il faut faire de véritables efforts pour pénétrer dans ces buissons. On a beau repousser les algues,
on n’arrive pas à toucher le fond. Pour le plongeur pris dans ce genre de
piège, la nuit est complète. Il se sent accroché de tous côtés, parfois son
masque ou son embout sont arrachés et il ne sait plus où se trouve le haut
ou le bas. C’est assez désagréable et il est bon de ne pas s’énerver et de se
dégager sans perdre son sang-froid.
Il semble bien que la faune ne fréquente pas ces forêts d’algues. En
tout cas, nous n’y avons vu aucun animal. Il est vrai que nous ne voyions
pas grand-chose et surtout pas la chaîne d’or.
L’intervention du Dr Edgerton
Notre ami, le Dr Harold Edgerton, professeur au Massachusetts Institute
of Technology, est venu nous rejoindre au cœur des Andes, comme il nous
l’avait promis.
Il a apporté un sondeur perfectionné dont le signal acoustique indique
non seulement la profondeur, mais aussi la nature du fond : vase, sable ou
rochers.
Ce sondeur est de faibles dimensions et relativement maniable. Il va
nous être d’une grande utilité pour faire un relevé du fond du lac et choisir
la région la plus favorable pour une plongée de nos soucoupes.
La bande d’enregistrement de l’appareil d’Edgerton nous donne une
image détaillée du profil du lac. La profondeur maximum qui apparaît sur
cette bande est de 370 mètres.
Nous sommes loin des profondeurs plus ou moins fantaisistes qui nous
avaient été indiquées et qui atteignaient soi-disant plus de 1 000 mètres.
Notre ami Edgerton nous commente ses graphiques et après une assez
longue discussion, nous tombons tous d’accord sur le choix d’une région
tance dont il était impossible d’évaluer l’épaisseur. S’il y avait une chaîne
d’or, elle était depuis longtemps profondément enfoncée dans cette vase et
il aurait fallu une chance extraordinaire pour qu’un plongeur mette la main
dessus. Chaque fois que l’un de nous entreprenait de tâter cette boue, il en
montait un nuage qui nous aveuglait et il fallait laisser passer la journée
pour y voir de nouveau clair.
Un autre obstacle s’opposait à toute recherche : une végétation très
dense qui poussait sur certains fonds du lac. C’était assez impressionnant.
Ces sous-bois aquatiques très sombres n’étaient pas formés de « totoras »
mais d’algues d’eau douce, à la fois molles et serrées. Il faut faire de véritables efforts pour pénétrer dans ces buissons. On a beau repousser les algues,
on n’arrive pas à toucher le fond. Pour le plongeur pris dans ce genre de
piège, la nuit est complète. Il se sent accroché de tous côtés, parfois son
masque ou son embout sont arrachés et il ne sait plus où se trouve le haut
ou le bas. C’est assez désagréable et il est bon de ne pas s’énerver et de se
dégager sans perdre son sang-froid.
Il semble bien que la faune ne fréquente pas ces forêts d’algues. En
tout cas, nous n’y avons vu aucun animal. Il est vrai que nous ne voyions
pas grand-chose et surtout pas la chaîne d’or.
L’intervention du Dr Edgerton
Notre ami, le Dr Harold Edgerton, professeur au Massachusetts Institute
of Technology, est venu nous rejoindre au cœur des Andes, comme il nous
l’avait promis.
Il a apporté un sondeur perfectionné dont le signal acoustique indique
non seulement la profondeur, mais aussi la nature du fond : vase, sable ou
rochers.
Ce sondeur est de faibles dimensions et relativement maniable. Il va
nous être d’une grande utilité pour faire un relevé du fond du lac et choisir
la région la plus favorable pour une plongée de nos soucoupes.
La bande d’enregistrement de l’appareil d’Edgerton nous donne une
image détaillée du profil du lac. La profondeur maximum qui apparaît sur
cette bande est de 370 mètres.
Nous sommes loin des profondeurs plus ou moins fantaisistes qui nous
avaient été indiquées et qui atteignaient soi-disant plus de 1 000 mètres.
Notre ami Edgerton nous commente ses graphiques et après une assez
longue discussion, nous tombons tous d’accord sur le choix d’une région
