LA CHAINE D’OR 141
qui semblerait particulièrement intéressante à prospecter en soucoupe plongeante. D’après les indications du sondeur, aux environs des îles du Soleil
et de la Lune, un bassin de sédimentation s’étend à 120 mètres de fond et
il se situe entre deux dorsales rocheuses. De ce fond plat, émergent des
falaises abruptes qui seront sans doute relativement faciles à observer.
C’est dans cette même région que toutes les légendes locales situent
également la chaîne d’or immergée par les Incas.
Ainsi, nous ferons peut-être coup double : à nos recherches scientifiques s’ajouteront des recherches archéologiques.
Si nous nous sommes donné tant de mal pour embarquer sur le train
nos soucoupes plongeantes, c’était bien dans l’intention d’explorer le lac
qui est tout à fait inconnu dans ses profondeurs. Il ne me suffisait pas de
demander à Edgerton d’effectuer des sondages, je voulais avoir par moimême le spectacle de ces paysages immergés qui ont fait naître le plus
grand mythe de toute l’histoire américaine.
Mais ces puces pesant plus de deux tonnes que nous avions réussi à
amener au milieu des montagnes, à plus de 3 800 mètres d’altitude, ne
pouvaient pas être employées telles quelles. Il fallait leur faire subir des
modifications importantes. En effet, en eau douce, la poussée d’Archimède
est plus faible que dans l’eau de mer. Or, jamais encore les puces n’étaient
descendues dans un lac. Par le calcul nous sommes arrivés à la constatation
qu’elles devaient peser dans l’eau douce 70 kilos de trop et qu’ainsi au lieu
de se trouver en équilibre indifférent, elles couleraient aussitôt vers le fond.
Pour les alléger, j’avais fait préparer à bord de la Calypso toute une
série de flotteurs incompressibles que nous avions boulonnés sur la partie
supérieure des soucoupes.
Nous nous heurtions aussi à une autre difficulté. A bord de la Calypso,
une grue spéciale peut assurer en quelques instants la mise à l’eau de nos
sous-marins. Mais ici, nous ne pouvions réussir cette opération qu’en amenant le camion-grue, embarqué sur le ponton, assez loin du bord du lac
pour que les soucoupes trouvent un fond où elles puissent aussitôt flotter.
Nous n’avons pu y parvenir que grâce à l’aide apportée par les habitants
du village de Yampopata, le plus proche village du détroit du Soleil. En
48 heures, ils ont édifié une jetée de pierres sèches sur laquelle le camiongrue a pu transporter les soucoupes l’une après l’autre.
Nous ne nous étions pas trompés dans nos calculs et nos engins allégés
Double page suivante : Les soucoupes plongeantes et notre équipe à bord de la barge en route
pour le détroit de Tiquina.
Précédent

- 142/305

Suivant