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le peuple des joncs
UNE FOULE MULTICOLORE — UNE PLONGÉE FORCÉE
LA FAUNE DU LAC — L’ILE FLOTTANTE
UN MARTIEN CHEZ LES URUS
Copacabana où nous avons installé notre camp de base pendant les six
semaines que dura l’expédition, est le lieu de pèlerinage indien le plus
célèbre de toute la Bolivie. Une église somptueuse aux sculptures écrasantes
reçoit des centaines de fidèles venus de toutes les Andes. Par de mauvais
sentiers, beaucoup de pèlerins font le trajet à pied depuis La Paz distant
de 150 kilomètres.
Le village tient à la fois de Lourdes et de Deauville, mais un Deauville
sans casino, souvent sans eau. Trois heures d’électricité par jour et jamais
de chauffage dans notre hôtel.
Je reproduis ici un passage des notes qu’a prises ma femme Simone
qui, une fois de plus, a joué au cours de cette expédition le rôle de régisseur.
« Les Indiens viennent prier la Vierge noire dans une cathédrale
restaurée avec un mauvais goût affreux, mais bourrée de trésors.
« La ferveur des pèlerins est toute mêlée de paganisme. Ces gens
opprimés de longue date veulent surtout se prémunir contre le mauvais sort,
contre toutes les menaces obscures qui pèsent sur un pauvre Indien au cœur
des Andes. La bénédiction est pour eux une panacée universelle. Aussi
font-ils bénir leurs camions, leurs voitures, leurs motos, leurs bicyclettes qui
sont le plus souvent dans un triste état et auraient plutôt besoin des secours
d’un mécanicien que de ceux de la religion.
« Le dimanche après la grand-messe, le curé, suivi de deux enfants de
le peuple des joncs
UNE FOULE MULTICOLORE — UNE PLONGÉE FORCÉE
LA FAUNE DU LAC — L’ILE FLOTTANTE
UN MARTIEN CHEZ LES URUS
Copacabana où nous avons installé notre camp de base pendant les six
semaines que dura l’expédition, est le lieu de pèlerinage indien le plus
célèbre de toute la Bolivie. Une église somptueuse aux sculptures écrasantes
reçoit des centaines de fidèles venus de toutes les Andes. Par de mauvais
sentiers, beaucoup de pèlerins font le trajet à pied depuis La Paz distant
de 150 kilomètres.
Le village tient à la fois de Lourdes et de Deauville, mais un Deauville
sans casino, souvent sans eau. Trois heures d’électricité par jour et jamais
de chauffage dans notre hôtel.
Je reproduis ici un passage des notes qu’a prises ma femme Simone
qui, une fois de plus, a joué au cours de cette expédition le rôle de régisseur.
« Les Indiens viennent prier la Vierge noire dans une cathédrale
restaurée avec un mauvais goût affreux, mais bourrée de trésors.
« La ferveur des pèlerins est toute mêlée de paganisme. Ces gens
opprimés de longue date veulent surtout se prémunir contre le mauvais sort,
contre toutes les menaces obscures qui pèsent sur un pauvre Indien au cœur
des Andes. La bénédiction est pour eux une panacée universelle. Aussi
font-ils bénir leurs camions, leurs voitures, leurs motos, leurs bicyclettes qui
sont le plus souvent dans un triste état et auraient plutôt besoin des secours
d’un mécanicien que de ceux de la religion.
« Le dimanche après la grand-messe, le curé, suivi de deux enfants de
