Isabelle Deloire examine une poterie qui vient d'être recueillie dans la vase.
Le lac Titicaca est enfermé dans une poche qu’ont creusée les glaciers.
Son niveau a varié à chaque glaciation et il a même changé à l’époque
historique. A l’heure actuelle il remonte lentement. Il n’était donc pas
absurde d’imaginer que sur les rives ou sur les îles sacrées, des ruines
avaient été submergées. Nous avons donc exploré le rivage à la recherche
d’anciennes constructions qui pouvaient se prolonger sous l’eau.
Nous avons retrouvé dans la direction de Tiahuanaco les pierres alignées au fond de l’eau telles que les avait vues notre ami Avellaneda, mais
là encore les plongées n’apportèrent aucune découverte au pied même de
ces digues immergées, ou de ces rectangles délimités par des pierres énormes.
Il nous fut impossible de trouver des vestiges, la vase avait tout englouti.
Et c’est là que nos plongeurs descendant lentement le long des rives
ont fouillé entre les pierres, remuant la vase qui montait rapidement, les
aveuglait et troublait l’eau du lac.
Ce jour-là, au fond du lac Titicaca, l’eau était sombre. Les herbes
hautes, d’un vert éclatant. Brusquement le cœur des deux plongeurs Frédéric
Dumas et Jean-Clair Riant sursaute : là, dans la vase, des débris de poterie.
Ces premières trouvailles consistaient surtout en céramique utilitaire
d’époque assez récente : des marmites, des pots noircis par la fumée, mais
intacts. Nous n’avons pas au cours de ces plongées découvert les vases peints
ou les bijoux d’or que tant de légendes évoquent à l’envi.
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