DES PLONGEURS ESCALADENT LES ANDES 117
notre matériel, mais qui se déplaçait très lentement. Il fallait partir avant le
lever du soleil car nous avions 5 heures de trajet.
Nous passions la journée sur les lieux de plongée et nous ne rentrions
qu’à la nuit. Il y avait parfois des vents assez forts qui provoquaient sur le
lac des creux de 1 mètre à 1 mètre 50. Le temps changeait très vite et nous
avons été à plusieurs reprises immobilisés par des tempêtes qui se levaient
brusquement.
C’était ma femme Simone et la femme de Deloire, Isabelle, qui assuraient le ravitaillement et c’était pour elles une assez lourde tâche. Le pays
en effet n’a pas de grandes ressources. Il leur fallait se procurer de quoi
nourrir toute l’équipe, 17 personnes. C’était chaque jour les mêmes problèmes : l’hôtel ne pouvait pas nous fournir grand-chose. Simone et Isabelle
s’approvisionnaient au marché local qui lui-même était bien pauvre, et
cependant, grâce à leur activité et à leur dévouement, il y avait chaque jour
sur notre barge de quoi assurer le déjeuner. Mais nous souffrions surtout
des terribles sautes de température. Nos nez maintenant étaient crevassés,
notre peau pelait et pourtant chaque soir au retour nous devions affronter
sur le lac des ténèbres glacées, un vent plus coupant que le vent d’hiver en
Europe.
L’hôtel où nous venions nous réfugier prétendait avoir tout le confort
moderne et notamment des douches d’eau chaude où jamais au cours de
notre séjour nous n’avons pu obtenir une eau même tiède. A 4 000 mètres
d’altitude et à des centaines de kilomètres de distance, la Calypso nous
semblait offrir un merveilleux confort que souvent nous regrettions amèrement.
Des vieux pots
Si le programme des études physiologiques de la plongée en haute
altitude semblait à peu près rempli, celui des recherches archéologiques se
révélait moins facile à réaliser. Falco, Deloire, Delemotte et surtout Frédéric
Dumas et Marcel Ichac commencèrent une prospection archéologique qui
tout de suite s’avéra difficile. Tout d’abord le lac était immense, et nous
ne savions trop sur quelle rive débuter. Nous savions aussi que la vase et
les algues représenteraient de terribles obstacles pour nos recherches. Tout
ce que les Incas ou Pré-Incas avaient lancé dans le lac était sans doute
recouvert par la boue que les eaux de ruissellement descendues des montagnes entraînent dans le fond du lac.
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