DES PLONGEURS ESCALADENT LES ANDES 109
gnes. Long de 225 kilomètres et large de 60, il atteint la même superficie
que la Corse.
Après avoir traversé un pays mort et entièrement désert, la vallée
d’Arequipa dessine une longue traînée verte comme un coup de pinceau
au milieu des montagnes pelées.
Les roues des wagons, malmenées par les rails, hurlent en prenant des
courbes vertigineuses. C’est probablement le seul train au monde qui tourne
tête à queue sur 90 mètres de long.
Techniques nouvelles
Océanographes, cinéastes sous-marins, plongeurs, nous avons quitté le
domaine habituel de nos explorations.
En raison des conditions atmosphériques et climatiques qui régnent ici,
il a fallu adopter des techniques nouvelles. Nous connaissons très mal les
règles de la physiologie de la plongée en haute altitude, et nous comptons,
par des expériences effectuées soigneusement sous contrôle médical, mettre
au point cette question qui nous intéresse tout particulièrement. Mais notre
programme ne se borne pas à cela. On sait très peu de choses sur le lac
lui-même, sa profondeur, sur ses origines géologiques et sur la faune qu’il
contient. Ce sera l’un des thèmes de nos recherches et nous allons retrouver
là des problèmes océanographiques.
En effet, c’est la dérive des continents qui est à l’origine de ce plissement côtier des Andes. Des plaques volcaniques au fond du Pacifique
opposent aux déplacements continentaux une butée qui -a provoqué le
plissement des montagnes Rocheuses et des Andes et nous savons qu’on
trouve des fossiles marins à 4 000 mètres d’altitude, au voisinage du lac
Titicaca. C’est bien la preuve que ce sol aujourd’hui si élevé était autrefois
au fond de la mer.
Un autre thème de nos recherches concerne l’archéologie. Le lac a été
jadis au centre d’une activité religieuse intense. Là se sont développées des
civilisations, se sont dressés des temples dont les vestiges subsistent. Beaucoup appartiennent à des populations qui ont précédé les Incas ; c’était
notamment le heu sacré de la civilisation de Tiahuanaco (1), et c’est toujours
un des grands lieux de pèlerinage des populations boliviennes et péruviennes.
Un de nos amis, Ramon Avellaneda, à la fois diplomate, officier de
marine et plongeur, a effectué une première reconnaissance du lac Titicaca.
Il a vu des vestiges archéologiques, notamment des pierres entassées les
(1) Voir Appendice II, Les civilisations précolombiennes des Andes.
gnes. Long de 225 kilomètres et large de 60, il atteint la même superficie
que la Corse.
Après avoir traversé un pays mort et entièrement désert, la vallée
d’Arequipa dessine une longue traînée verte comme un coup de pinceau
au milieu des montagnes pelées.
Les roues des wagons, malmenées par les rails, hurlent en prenant des
courbes vertigineuses. C’est probablement le seul train au monde qui tourne
tête à queue sur 90 mètres de long.
Techniques nouvelles
Océanographes, cinéastes sous-marins, plongeurs, nous avons quitté le
domaine habituel de nos explorations.
En raison des conditions atmosphériques et climatiques qui régnent ici,
il a fallu adopter des techniques nouvelles. Nous connaissons très mal les
règles de la physiologie de la plongée en haute altitude, et nous comptons,
par des expériences effectuées soigneusement sous contrôle médical, mettre
au point cette question qui nous intéresse tout particulièrement. Mais notre
programme ne se borne pas à cela. On sait très peu de choses sur le lac
lui-même, sa profondeur, sur ses origines géologiques et sur la faune qu’il
contient. Ce sera l’un des thèmes de nos recherches et nous allons retrouver
là des problèmes océanographiques.
En effet, c’est la dérive des continents qui est à l’origine de ce plissement côtier des Andes. Des plaques volcaniques au fond du Pacifique
opposent aux déplacements continentaux une butée qui -a provoqué le
plissement des montagnes Rocheuses et des Andes et nous savons qu’on
trouve des fossiles marins à 4 000 mètres d’altitude, au voisinage du lac
Titicaca. C’est bien la preuve que ce sol aujourd’hui si élevé était autrefois
au fond de la mer.
Un autre thème de nos recherches concerne l’archéologie. Le lac a été
jadis au centre d’une activité religieuse intense. Là se sont développées des
civilisations, se sont dressés des temples dont les vestiges subsistent. Beaucoup appartiennent à des populations qui ont précédé les Incas ; c’était
notamment le heu sacré de la civilisation de Tiahuanaco (1), et c’est toujours
un des grands lieux de pèlerinage des populations boliviennes et péruviennes.
Un de nos amis, Ramon Avellaneda, à la fois diplomate, officier de
marine et plongeur, a effectué une première reconnaissance du lac Titicaca.
Il a vu des vestiges archéologiques, notamment des pierres entassées les
(1) Voir Appendice II, Les civilisations précolombiennes des Andes.
