108 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
à grain qui encombre le quai. On voudrait bien faire changer la Calypso
de poste, mais je proteste tellement que j’obtiens le déplacement du tapis
roulant obstacle. Il faut en scier un morceau, mais le train passe.
16 dockers et 3 chefs pointeurs, raides comme la justice, attendent
sur le quai le début du chargement. Je houspille gentiment toutes les équipes
du bord qui leur passent quelques caisses, puis les gueuses de fonte des puces
que les dockers ne semblent pas enchantés de transporter. Leur premier
enthousiasme les avait fait se ruer à bord, mais Zoom, notre chien, les a
vite fait décamper.
A 10 heures 40 les dockers vont manger. J’en profite pour donner
quelques paquets de cigarettes aux chefs pointeurs qui se montrent plus
coopératifs.
J’espère que nous pourrons partir demain vers 13 heures.
L’après-midi se passe en chargements et prises de vues. Nous avons
du mal à préserver les caméras de la brutalité des manœuvres.
Les puces sont installées sur le wagon plate-forme avec le caisson de
recompression, ce qui donne à notre train pour les Andes un aspect particulièrement insolite.
La révolution — réelle ou supposée — retarde nos préparatifs. Aucune
communication téléphonique avec Lima n’est possible. Des colis sont égarés,
notre agent local venu en fin de soirée finit par consentir à nous fournir
des vivres et de l’eau.
Quand la nuit arrive, une terrible odeur de poisson envahit les quais
et la Calypso. Frédéric Dumas prétend que cela sent le poulet français... le
poulet dont on fait les meilleures bouillabaisses.
Samedi 5 octobre. - Réveil matinal, chacun boucle ses bagages. Subrepticement nous arrimons sur la plate-forme des soucoupes le matériel oublié.
Un petit vieux à casquette, chef de train, surveille l’entassement des
bagages personnels dans le wagon buffet.
Le désespoir de Zoom en disant adieu à ses amis fait peine à voir et
on profite de cette douleur pour le filmer.
Le train démarre à 11 heures 30, heure prévue, ce que je considère
comme miraculeux.
Nous nous retrouvons bizarrement seuls à bord de la Calypso. Zoom
disparaît à la faveur du déjeuner. Après quelques recherches nous le retrouvons sur la digue. Son flair l’a complètement égaré, le train à bord duquel
se trouvent ses amis est parti dans la direction opposée.
Notre train a finalement franchi les Andes sans incident.
Voici que le lac apparaît, immense tache bleue au milieu des monta
à grain qui encombre le quai. On voudrait bien faire changer la Calypso
de poste, mais je proteste tellement que j’obtiens le déplacement du tapis
roulant obstacle. Il faut en scier un morceau, mais le train passe.
16 dockers et 3 chefs pointeurs, raides comme la justice, attendent
sur le quai le début du chargement. Je houspille gentiment toutes les équipes
du bord qui leur passent quelques caisses, puis les gueuses de fonte des puces
que les dockers ne semblent pas enchantés de transporter. Leur premier
enthousiasme les avait fait se ruer à bord, mais Zoom, notre chien, les a
vite fait décamper.
A 10 heures 40 les dockers vont manger. J’en profite pour donner
quelques paquets de cigarettes aux chefs pointeurs qui se montrent plus
coopératifs.
J’espère que nous pourrons partir demain vers 13 heures.
L’après-midi se passe en chargements et prises de vues. Nous avons
du mal à préserver les caméras de la brutalité des manœuvres.
Les puces sont installées sur le wagon plate-forme avec le caisson de
recompression, ce qui donne à notre train pour les Andes un aspect particulièrement insolite.
La révolution — réelle ou supposée — retarde nos préparatifs. Aucune
communication téléphonique avec Lima n’est possible. Des colis sont égarés,
notre agent local venu en fin de soirée finit par consentir à nous fournir
des vivres et de l’eau.
Quand la nuit arrive, une terrible odeur de poisson envahit les quais
et la Calypso. Frédéric Dumas prétend que cela sent le poulet français... le
poulet dont on fait les meilleures bouillabaisses.
Samedi 5 octobre. - Réveil matinal, chacun boucle ses bagages. Subrepticement nous arrimons sur la plate-forme des soucoupes le matériel oublié.
Un petit vieux à casquette, chef de train, surveille l’entassement des
bagages personnels dans le wagon buffet.
Le désespoir de Zoom en disant adieu à ses amis fait peine à voir et
on profite de cette douleur pour le filmer.
Le train démarre à 11 heures 30, heure prévue, ce que je considère
comme miraculeux.
Nous nous retrouvons bizarrement seuls à bord de la Calypso. Zoom
disparaît à la faveur du déjeuner. Après quelques recherches nous le retrouvons sur la digue. Son flair l’a complètement égaré, le train à bord duquel
se trouvent ses amis est parti dans la direction opposée.
Notre train a finalement franchi les Andes sans incident.
Voici que le lac apparaît, immense tache bleue au milieu des monta
