110 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
unes sur les autres, et il les a même photographiés. Nous espérons découvrir
des restes immergés de constructions géantes et de temples et puis, qui sait ?
tirer au clair une légende locale très tenace : une chaîne d’or relierait au
fond du lac l’île du Soleil à l’île de la Lune. Des trésors auraient été jetés
à l’eau par les Incas à l’arrivée des Espagnols.
Plus modestement nous avons à accomplir une tâche déterminée : ni
la profondeur du lac ni son relief ne sont connus. Le professeur Harold
Edgerton, du M.I.T., a promis de nous rejoindre et de procéder à des sondages grâce à de nouveaux appareils de son invention.
Nous avons donc à résoudre des problèmes de physiologie, de biologie,
de géologie et d’archéologie. Le travail ne nous manquera pas.
Un air raréfié
Notre train spécial s’arrête à Puno, terminus de la ligne. Nous sommes
enfin au bord du lac, sur la rive péruvienne. Il faut débarquer le matériel
et le transférer sur un grand paquebot, VOllenta, un navire construit par les
Anglais, remonté pièce à pièce au bord du lac après que tous les morceaux
eurent, comme nous, franchi les Andes. Son décor intérieur nous paraît
bien étrange et insolite. Il est orné avec un luxe désuet tout en velours rouge
et acajou et bien inattendu à cette altitude et dans ces parages.
Le 9 octobre au soir tout est embarqué et YOllenta quitte la côte péruvienne pour aborder dans la matinée du 10 octobre sur la rive du détroit
de Tiquina, en territoire bolivien.
Le lac paraît immense, et nos craintes concernant la plongée en haute
altitude ne font que croître. Nous regardons évoluer les cormorans dans l’air
raréfié des Andes. Ces oiseaux normalement si rapides et agiles ont du mal
à décoller de la surface du lac. Manier notre matériel nous impose un effort
physique considérable. A cette altitude la moindre besogne nous épuise.
On nous avait mis en garde : surtout pas d’efforts, seuls les habitants
sont capables de travailler en haute montagne. Il faut trois générations pour
qu’ils s’adaptent physiologiquement à ces conditions exceptionnelles. La
première génération voit accroître considérablement les globules rouges de
son sang. A la deuxième génération la cage thoracique se développe et à
la troisième génération certaines hormones sont sécrétées en plus grande
quantité.
C’est cet ensemble de modifications physiologiques qui permet aux
populations locales de réaliser des efforts normaux à une altitude aussi
grande.
unes sur les autres, et il les a même photographiés. Nous espérons découvrir
des restes immergés de constructions géantes et de temples et puis, qui sait ?
tirer au clair une légende locale très tenace : une chaîne d’or relierait au
fond du lac l’île du Soleil à l’île de la Lune. Des trésors auraient été jetés
à l’eau par les Incas à l’arrivée des Espagnols.
Plus modestement nous avons à accomplir une tâche déterminée : ni
la profondeur du lac ni son relief ne sont connus. Le professeur Harold
Edgerton, du M.I.T., a promis de nous rejoindre et de procéder à des sondages grâce à de nouveaux appareils de son invention.
Nous avons donc à résoudre des problèmes de physiologie, de biologie,
de géologie et d’archéologie. Le travail ne nous manquera pas.
Un air raréfié
Notre train spécial s’arrête à Puno, terminus de la ligne. Nous sommes
enfin au bord du lac, sur la rive péruvienne. Il faut débarquer le matériel
et le transférer sur un grand paquebot, VOllenta, un navire construit par les
Anglais, remonté pièce à pièce au bord du lac après que tous les morceaux
eurent, comme nous, franchi les Andes. Son décor intérieur nous paraît
bien étrange et insolite. Il est orné avec un luxe désuet tout en velours rouge
et acajou et bien inattendu à cette altitude et dans ces parages.
Le 9 octobre au soir tout est embarqué et YOllenta quitte la côte péruvienne pour aborder dans la matinée du 10 octobre sur la rive du détroit
de Tiquina, en territoire bolivien.
Le lac paraît immense, et nos craintes concernant la plongée en haute
altitude ne font que croître. Nous regardons évoluer les cormorans dans l’air
raréfié des Andes. Ces oiseaux normalement si rapides et agiles ont du mal
à décoller de la surface du lac. Manier notre matériel nous impose un effort
physique considérable. A cette altitude la moindre besogne nous épuise.
On nous avait mis en garde : surtout pas d’efforts, seuls les habitants
sont capables de travailler en haute montagne. Il faut trois générations pour
qu’ils s’adaptent physiologiquement à ces conditions exceptionnelles. La
première génération voit accroître considérablement les globules rouges de
son sang. A la deuxième génération la cage thoracique se développe et à
la troisième génération certaines hormones sont sécrétées en plus grande
quantité.
C’est cet ensemble de modifications physiologiques qui permet aux
populations locales de réaliser des efforts normaux à une altitude aussi
grande.
