RIBOSOMES
fugation ménagée à 10 000 g destinée à éliminer les noyaux, les mitochondries et les débris
cellulaires qui se rassemblent en culot. Puis le surnageant est lui-méme centrifugé pendant
1 heure à 100 000 g; les ribosomes qui se trouvaient en suspension se sédimentent en un
culot, constituant la fraction « ribosomes » des cellules.
Lorsque les ribosomes sont attachés aux membranes du réticulum (ergastoplasme des
cellules du pancréas exocrine ou des hépatocytes par exemple), leur isolement est plus
difficile à réaliser. En effet, le broyage des cellules ne parvient pas à détacher les ribosomes
du réticulum; en revanche, les cavités aplaties du réticulum se fragmentent en petites
vésicules portant les ribosomes sur leur face externe. Ces vésicules de 0,1 à 0,2 p. de diamètre ont été isolées pour la première fois par Claude (1947) qui leur a donné le nom de
microsomes. La centrifugation ménagée de l’homogénat permet d’obtenir un surnageant
contenant les microsomes (fig. 43 a et b, p. 80). Le moyen le plus couramment utilisé
pour séparer les ribosomes des membranes consiste à dissoudre les membranes en faisant
agir sur le surnageant des détergents, tels que le désoxycholate de sodium ou des sels
biliaires (technique de Palade et Siekevitz, 1956). Après ce traitement par les détergents,
une centrifugation à 100 000 g de la suspension sédimente les ribosomes en un culot
(fig. 37 b).
Nous avons vu que les ribosomes sont isolés dans une solution de saccharose
contenant du chlorure de magnésium 0,01 M. Lorsque les ribosomes isolés sont
placés dans un milieu dont la concentration en magnésium est plus faible
(Cl2 Mg 0,001 M), chaque ribosome se dissocie en deux sous-unités de taille
différente; l'une représente environ les deux tiers de la masse globale du ribosome, l’autre le tiers restant.
On désigne couramment ces sous-unités par leur coefficient de sédimentation,
mesuré par ultracentrifugation et exprimé en unités Svedberg (voir volume précédent x). Les ribosomes des bactéries, qui ont un coefficient de sédimentation de
70 S (ribosomes 70 S) sont dissociés en deux sous-unités dont les coefficients de
sédimentation sont respectivement 50 S et 30 S (fig. 37 a). Les ribosomes des
autres cellules, qui sont un peu plus volumineux que ceux des bactéries, ont un
coefficient de 80 S et sont constitués également de deux sous-unités : 60 S et 40 S.
Ceux qui sont fixés aux membranes du réticulum endoplasmique sont attachés
par leur sous-unité la plus grosse (60 S).
3.2.3.
ANALYSE CHIMIQUE
L’analyse chimique des fractions et des sous-fractions « ribosomes » permet de
préciser et de compléter les résultats apportés par les techniques cytochimiques.
Ce sont les ribosomes des bactéries, ou ribosomes 70 S, qui ont été le plus étudiés.
Il s’agit de structures très poreuses contenant 50 % d'eau. Leur poids moléculaire
en solution est voisin de 2,7. 106. La matière sèche est composée pour 63 % d'ARN
et pour 27 % de protéines. Cette composition relative en ARN et protéines est la
même dans les deux sous-unités 50 S et 30 S dont les poids moléculaires en solution
sont estimés respectivement à 1,8. 106 et 0,9. 106.
L’ARN est représenté, dans chaque sous-unité, par une seule chaîne dont le poids
moléculaire est 1,2. 106 pour la sous-unité 50 S, et 0,6. 106 pour la sous-unité 30 S.
1. Voir le volume « La cellule » dans cette même collection.
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